Guyane:le­blo­ca­ge­gé­né­ral ne­fait­plusl’una­ni­mi­té

La Guyane doit connaître une nou­velle journée de pa­ra­ly­sie alors que le col­lec­tif Pou la Gwiyann dé­ko­lé ré­clame plus de moyens au gou­ver­ne­ment. Des ha­bi­tants souhaitent la le­vée des blo­cages.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - MARINEJACQUES(ÀCAYENNE)

va connaître au­jourd’hui une nou­velle journée de blo­cage gé­né­ral à l’ap­pel du col­lec­tif Pou la Gwiyann dé­ko­lé (Pour que la Guyane dé­colle), qui re­fuse le mil­liard d’eu­ros d’aide d’ur­gence pro­mis par le gou­ver­ne­ment et ré­clame 3,1 mil­liards. Coor­di­na­teur des bar­rages rou­tiers qui pa­ra­lysent la Guyane de­puis le dé­but du mou­ve­ment de contes­ta­tion, Ber­trand Mou­kin s’est mon­tré très ferme sa­me­di. « Les bar­rages vont se dur­cir et seuls les vé­hi­cules d’ur­gence se­ront au­to­ri­sés à cir­cu­ler lundi. » De­puis quinze jours, les Guya­nais vivent au rythme de ces bar­rages qui em­pêchent nombre d’entre eux d’al­ler tra­vailler. Par­fois, ils sont le­vés pen­dant quelques heures pour per­mettre à la po­pu­la­tion de se mo­bi­li­ser au­près du col­lec­tif Pou la Gwiyann dé­ko­lé, comme ce­la a été le cas mar­di der­nier, à Kou­rou, siège du Centre spa­tial guya­nais.

La ma­jeure par­tie de la po­pu­la­tion est so­li­daire du mou­ve­ment. Mais, de­puis quelques jours, une mi­no­ri­té ex­prime sa las­si­tude et de­mande la le­vée des bar­rages rou­tiers te­nus par les ma­ni­fes­tants, au nom de la li­ber­té de cir­cu­ler et de la re­prise éco­no­mique. Des ci­toyens guya­nais viennent de créer la page Fa­ce­book « Stop aux bar­rages en Guyane ». En moins de 24 heures, les ad­mi­nis­tra­teurs de la page dé­nombrent plus de 1 000 sou­tiens. Dans un mes­sage pos­té sur Fa­ce­book, ils pré­cisent ne pas être contre les re­ven­di­ca­tions de Pou la Gwiyann dé­ko­lé mais es­timent que « les bar­rages n’ont plus lieu d’être ». Une pé­ti­tion « Pour le droit de cir­cu­ler en Guyane fran­çaise » cir­cule sur Change.org. « La mé­thode uti­li­sée pour se faire en­tendre n’est plus ac­cep­table », a écrit son au­teur, qui a col­lec­té 1 245 si­gna­tures en cinq jours. Les chefs d’en­tre­prises com­mencent aus­si à dé­si­rer la le­vée des bar­rages. Le pré­sident du Me­def en Guyane, Sté­phane Lam­bert, a tou­jours sou­te­nu le mou­ve­ment. Mais, au­jourd’hui, il ap­pelle à plus de sou­plesse. « Nous al­lons vers un sui­cide éco­no­mique », a-t-il dé­cla­ré de­vant la pré­fec­ture ven­dre­di. En ac­cord avec le Me­def na­tio­nal, il a de­man­dé que les bar­rages soient le­vés et que le port et l’aé­ro­port soient dé­blo­qués pour per­mettre une re­prise éco­no­mique, rap­porte le quo­ti­dien « France-Guyane ». Le col­lec­tif reste dé­ter­mi­né. « Nos re­ven­di­ca­tions sont lé­gi­times », nous a pré­ci­sé Oli­vier Gou­det, un des porte-pa­role de Pou la Gwiyann dé­ko­lé. « On en­tend bien que le gou­ver­ne­ment est sur le dé­part mais nous rap­pe­lons qu’il y a une conti­nui­té ad­mi­nis­tra­tive. Il faut qu’on ar­rête de nous faire croire que rien n’est pos­sible. Il faut que l’Etat as­sume ses res­pon­sa­bi­li­tés. »

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