Dans l’in­dus­trie, des consul­tants sur-me­sure

Le Parisien (Paris) - - ÉCO -

des ba­by­boo­mers crée des ca­rences dans nos in­dus­tries. Il y a un vrai gâ­chis », ex­plique Ca­ro­line Young, éco­no­miste et co­fon­da­trice, il y a douze ans, d’Ex­per­con­nect, une so­cié­té consa­crée à pro­mou­voir les col­la­bo­ra­tions post-re­traites. Dans des mé­tiers très tech­niques comme ceux des sec­teurs du nu­cléaire, de l’éner­gie, du fer­ro­viaire ou de l’aé­ro­nau­tique, l’ex­per­tise de ceux qui ont exer­cé le même mé­tier pen­dant 20, 25 ans ou plus est une mine d’or. Sur­tout pour les nom­breux pro­grammes tech­no­lo­giques qui durent plus long­temps que la car­rière des in­gé­nieurs qui les ont conçus, puis main­te­nus. « C’est le cas pour l’A320 par exemple, des­si­né dans les an­nées 1970. Les jeunes in­gé­nieurs pré­fèrent tra­vailler sur les nou­veaux mo­dèles », dé­taille Ca­ro­line Young. Et Ex­per­con­nect de faire no­tam­ment l’in­ter­mé­diaire entre ses 250 clients dont Al­stom, Are­va, Air­bus, SNCF, EDF, En­gie… et les 1 000 re­trai­tés-spé­cia­listes qu’elle re­met au bou­lot chaque an­née pour des mis­sions de conseil. « On ne les sa­la­rie pas », ex­plique-t-elle. Ils de­viennent soit mi­cro-en­tre­pre­neurs, soit ils montent leur en­tre­prise « Heu­reu­se­ment, ils prennent en charge cette pa­pe­rasse », ajoute Jean-Ber­nard Ale­man­ni. A 64 ans, ce der­nier est re­trai­té de­puis cinq ans de chez EDF, où

De­puis, il rem­pile pour EDF mais dif­fé­rem­ment. « Je tra­vaille quand j’ai en­vie, 20 à 30 jours par an. » La moyenne d’Ex­per­con­nect se si­tue plu­tôt au­tour de 50 jours par an, de quoi re­cons­ti­tuer leur der­nier ni­veau de re­ve­nus. « Le plus im­por­tant est d’ai­der ces gens ul­tra-com­pé­tents à re­trou­ver une iden­ti­té, in­siste Ca­ro­line Young. Un bé­mol, tou­te­fois, sur « leur ni­veau d’an­glais ! », sur­tout pour des mis­sions ef­fec­tuées à l’international…

En gé­né­ral, au bout de trois ou quatre ans, les re­trai­tés dé­crochent. « Je me sens moins utile main­te­nant et mes connais­sances sur les sa­voirs des en­tre­prises et leurs pra­tiques sont dé­sor­mais ob­so­lètes », es­time Jean-Ber­nard Ale­man­ni qui « res­sent de moins en moins l’en­vie de tra­vailler ».

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