Fillon ap­pelle à la mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale

DROITE Le can­di­dat LR, dis­tan­cé dans les son­dages, a gal­va­ni­sé 20 000 fans hier à Pa­ris. Dans le sprint fi­nal, il en a ap­pe­lé à l’in­té­rêt de la France.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR VA­LÉ­RIE HACOT @vha­cot1

EN­DOS­SER LE COS­TUME pré­si­den­tiel, mal­gré les af­faires et les son­dages en berne. C'était la mis­sion de Fran­çois Fillon hier, lors de sa dé­mons­tra­tion de force au parc des Ex­po­si­tions de la porte de Ver­sailles (Pa­ris XVe). Une salle qu’il ap­pré­cie, puisque qu'il y avait te­nu son der­nier mee­ting avant son écla­tante vic­toire à la pri­maire de la droite fin no­vembre. Un clin d'oeil pour ce­lui qui, à deux se­maines du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle, es­père bien ré­édi­ter l'ex­ploit et dé­jouer à nou­veau tous les pro­nos­tics.

« Je sens cette force qui croît et qui s'ac­croît, qui monte en puis­sance et qui n'at­tend que de stu­pé­fier les pré­ten­dus fai­seurs d'opi­nion », lâche-til d’em­blée pour gal­va­ni­ser ses 20 000 sup­por­teurs. Pas un mot sur les af­faires — «dont je ne par­le­rai plus», pré­vient-il — ni même sur le ca­bi­net noir, Fran­çois Fillon dé­roule dans un dis­cours fleuve sa vi­sion aus­si bien éco­no­mique, so­cié­tale et in­ter­na­tio­nale. Avec en ligne de mire, l'opé­ra­tion re­con­quête des élec­teurs de droite dé­çus, mais aus­si des in­dé­cis.

« Je ne vous de­mande pas de m'ai­mer, mais de me sou­te­nir. Il ne s'agit pas de choi­sir un co­pain. Il s'agit de choi­sir un pré­sident. » Avant de se lan­cer dans une ana­phore sur… le pré­sident exem­plaire. « Un pré­sident exem­plaire, c'est un pré­sident qui ne troque pas le des­tin de la na­tion pour un peu de po­pu­la­ri­té éphé­mère […]. Un pré­sident exem­plaire, c'est un pré­sident que rien ne peut in­ti­mi­der », mar­tèle le can­di­dat, en évo­quant le gé­né­ral de Gaulle. Un rien trans­gres­sif alors que ses dé­trac­teurs n'ont eu de cesse de lui re­pro­cher son fra­cas­sant « qui ima­gine le gé­né­ral de Gaulle mis en exa­men ? » en août, pour ta­cler Ni­co­las Sar­ko­zy… Mais Fran­çois Fillon n'en a cure. « Il a fait un dis­cours com­plet de chef d'Etat. Et dans cette pé­riode an­xio­gène, c'est très im­por­tant », se fé­li­cite un de ses proches.

Si les mi­li­tants sont au ren­dez­vous, les élus et les par­le­men­taires LR sont aus­si de la par­tie. Plu­sieurs di­zaines d'entre eux, de Va­lé­rie Pé­cresse à Jean-Pierre Raf­fa­rin, en pas­sant par Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet et même l'an­cien ri­val Jean-Fran­çois Co­pé, font bloc sur la tri­bune der­rière le can­di­dat

HARO SUR MA­CRON

Edouard Bal­la­dur a même pris place au pre­mier rang, aux cô­tés de Penelope Fillon. Comme quelques heures plus tôt, lors d'une pho­to dans le parc Georges-Bras­sens de l'en­semble des can­di­dats in­ves­tis pour les lé­gis­la­tives : mon­trer que la fa­mille est dé­sor­mais réunie der­rière son champion. Avant sa prise de pa­role, pas moins de douze ora­teurs se sont suc­cé­dé au mi­cro. Ci- ble toute dé­si­gnée : Em­ma­nuel Ma­cron, qua­li­fié de su­per­che­rie en marche par Fran­çois Ba­roin, de Hol­lande sai­son 2 par Va­lé­rie Pé­cresse ou même de fos­soyeur de la culture fran­çaise par Fillon… N’en je­tez plus !

« On es­père à pré­sent que ce ras­sem­ble­ment va créer un dé­clic », as­sure un proche du can­di­dat. Un autre dé­plore un son­dage, tom­bé hier après-mi­di, pla­çant Mé­len­chon de­vant Fillon, ne peut s'em­pê­cher de s'in­quié­ter un élu LR. Fi­nish spec­ta­cu­laire ou sprint à bout de souffle : dans cette der­nière ligne droite, Fillon est sur la corde raide.

ON ES­PÈRE À PRÉ­SENT QUE CE RAS­SEM­BLE­MENT VA CRÉER UN DÉ­CLIC UN PROCHE DE FRAN­ÇOIS FILLON

Pa­ris (XVe), hier. Fran­çois Fillon es­père, comme pour la pri­maire, dé­jouer les pro­nos­tics.

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