« Sa li­mite, c’est la gauche, pas ma­jo­ri­taire dans ce pays »

Vincent Ti­berj, spé­cia­liste de la gauche et pro­fes­seur à Sciences-Po.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR Q.L.

SPÉ­CIA­LISTE de la gauche et pro­fes­seur à Sciences-po Bor­deaux (Gi­ronde), Vincent Ti­berj a écrit « Les ci­toyens qui viennent » (PUF).

Com­ment ex­pli­quer la dy­na­mique Mé­len­chon ?

VINCENT TI­BERJ. Il avait dé­jà réus­si un coup en 2012, en pre­nant les voix de l’ex­trême gauche et en réa­li­sant un score à deux chiffres (11,1 %). Sa dif­fi­cul­té était en­suite de struc­tu­rer son élec­to­rat, ce qu’il a plu­tôt réus­si. Et puis, il a été mis en va­leur par les dé­bats. Sur le fond, Mé­len­chon pré­sente un pro­gramme as­sez clair et, d’un point de vue idéo­lo­gique, il brasse as­sez large. Il a su voir les en­vies de re­nou­vel­le­ment d’un peuple de gauche, avec ses pro­po­si­tions sur la VIe Ré­pu­blique, les ques­tions en­vi­ron­ne­men­tales…

Il a si­phon­né le can­di­dat so­cia­liste ?

Oui. Le drame pour Be­noît Ha­mon, c’est qu’il a lui aus­si su cap­ter cette en­vie de chan­ge­ment à gauche. Mais il semble pâ­tir du fait que beau­coup ne veulent pas re­vo­ter PS. On ne peut pas com­prendre la dy­na­mique Mé­len­chon sans in­té­grer la dé­cep­tion en­gen­drée par le quin­quen­nat Hol­lande. Mé­len­chon offre un vote utile à la gauche parce qu’il ap­pa­raît comme seul ca­pable à gauche de faire face à Ma­cron.

Qu’est-ce qui peut le frei­ner ?

Sa li­mite, c’est celle de la gauche en gé­né­ral, qui n’est pas ma­jo­ri­taire dans le pays. Clas­sique après cinq ans au pou­voir… Reste la ques­tion de l’élec­to­rat abs­ten­tion­niste. Mais là, l’équa­tion ne dé­pend plus seule­ment de lui.

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