DES INDÉCIS clé­dus­cru­tin! “

Ja­mais à moins de deux se­maines du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle les Fran­çais n’ont été aus­si indécis. Dans ce contexte, plu­sieurs scé­na­rios res­tent pos­sibles.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR OLIVIERBEAUMONT

« ET VOUS, VOUS VOTEZ pour qui ? » A cette ques­tion, les Fran­çais — 47 mil­lions d’élec­teurs — se­raient au­jourd’hui près de 40 % à ne pas pou­voir ré­pondre. Le phé­no­mène, s’il n’est pas nou­veau, est in­édit ! Si près de l’échéance pré­si­den­tielle, c’est tout sim­ple­ment du ja­mais-vu ! Sur­tout pour un scru­tin qui d’or­di­naire en­re­gistre sys­té­ma­ti­que­ment les meilleurs taux de par­ti­ci­pa­tion au pre­mier comme au se­cond tour, avec en moyenne 80 % d’élec­teurs qui se dé­placent aux urnes.

Dans ce contexte, quatre can­di­dats : Ma­rine Le Pen, François Fillon, Em­ma­nuel Ma­cron et Jean-Luc Mé­len­chon sont en me­sure de se qua­li­fier pour le se­cond tour. Constat là aus­si in­édit ! A moins de deux se­maines de l’élec­tion, tout est encore pos­sible !

Les Fran­çais se pas­sionnent pour la po­li­tique et se sont mas­si­ve­ment ins­crits sur les listes élec­to­rales, il y a donc fort à pa­rier qu’ils se­ront tout de même nom­breux à se rendre aux urnes les 23 avril et 7 mai. Mais alors pour­quoi une telle in­cer­ti­tude ? Les rai­sons sont mul­tiples : le nombre im­por­tant de can­di­dats — onze ! — ; l’af­faire Fillon, bien sûr, qui dé­bous­sole une par­tie de l’élec­to­rat de droite ; les di­vi­sions à gauche avec pour consé­quence la­chute du bloc socialiste, l’émer­gence d’Em­ma­nuel Ma- cron, nou­veau ve­nu dans le pay­sage po­li­tique ; tout comme l’écho, sans pré­cé­dent, ren­con­tré par des can­di­dats an­ti­sys­tème in­car­nés par JeanLuc Mé­len­chon et Ma­rine Le Pen. Et ce­la, sans par­ler d’un sen­ti­ment ma­jo­ri­taire de re­jet pour la classe po­li­tique tra­di­tion­nelle. Entre « chasse aux sor­tants » et en­vie de « dé­ga­gisme »… n’en je­tez plus ! Les élec­teurs n’ont ja­mais été aus­si peu sûrs de ce que se­ra leur vote. Pis, se­lon une en­quête pu­bliée le 20 mars par le Centre de re­cherches po­li­tiques de Sciences-po (Ce­vi­pof), l’in­cer­ti­tude reste éga­le­ment très forte par­mi les élec­teurs cer­tains d’aller voter : seule­ment 59 % affirment ain­si que leur choix de can­di­dat est dé­fi­ni­tif. Il res­te­rait donc 41 % de vo­tants ca­pables de chan­ger d’avis jus­qu’au der­nier mo­ment, dans l’iso­loir.

Indécis !? « Cette ex­pres­sion sous-en­tend qu’il s’agit de gens qui ne sont pas ca­pables de prendre des dé­ci­sions. Mais c’est tout le contraire ! Ce sont en fait des élec­teurs ré­flé- chis, qui ne votent pas sys­té­ma­ti­que­ment pour le même camp, mais qui se forgent leur opi­nion en écou­tant at­ten­ti­ve­ment les dé­bats, en re­gar­dant les in­ter­views, en com­pa­rant les pro­grammes et qui se dé­ter­mi­ne­ront donc dans les derniers jours, voire dans les der­nières heures », ana­lyse le po­li­to­logue Tho­mas Gué­no­lé. « Ils ont pour point com­mun de ne pas se reconnaître dans un courant par­ti­san ou d’être dé­bous­so­lés par les af­faires qui ont jon­ché l’ac­tua­li­té des der­nières se­maines », pour­suit-il.

Au­tant dire que ces élec­teurs dé­tiennent très pro­ba­ble­ment la clé du scru­tin. D’eux pour­rait dé­pendre l’ordre d’ar­ri­vée des can­di­dats au pre­mier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle. Des fai­seurs de roi, en somme, que tous les can­di­dats, Ma­cron et Mé­len­chon no­tam­ment, vont ten­ter de choyer jus­qu’au bout, dans la toute der­nière ligne droite de cette folle cam­pagne.

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