Chez Ma­cron, on est en marche pour convaincre !

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - VINCENTMONTGAILLARD À RAISMES (NORD) DEL’UNDENOS ENVOYÉSSPÉCIAUX

POURLEUR opé­ra­tion En marche vers les indécis, ils ont plan­té leur arbre à bal­lons tri­co­lores au coeur de la base de loi­sirs de Raismes (Nord). Face à des fa­nas de pé­tanque, des po­neys en ba­lade ou des ca­pi­taines de pé­da­lo, une de­mi-dou­zaine de ma­cro­nistes sur­mo­ti­vés tentent de fer­rer les élec­teurs ch’tis encore dans le doute. Com­ment les re­pé­rer ? « Ils nous re- gardent, on sent qu’ils ont en­vie de par­ler mais ils n’osent pas ve­nir », ré­sume Char­lotte, es­thé­ti­cienne au maillot jaune « Ma­cron pré­sident ».

La mis­sion s’avère ar­due en ce di­manche (en­so­leillé). « Les gens n’ont pas en­vie d’être dé­ran­gés même si cer­tains, dé­con­trac­tés, vont être plus ou­verts au dia­logue », dé­crit Del­phine, prof d’éco dans un ly­cée et chef d’or­chestre du co­mi­té En Marche ! de Va­len­ciennes. « Ah non ! Pas lui, pas Ma­cron ! » sup­plient des pères et mères de fa­mille en go­guette, avec pous­settes et trot­ti­nettes. « C’est tous les mêmes, cette pré­si­den­tielle, je zappe to­ta­le­ment », coupe une abs­ten­tion­niste convain­cue de­vant l’aire de mi­ni­golf.

« Fran­che­ment, ce n’est pas dans un parc fa­mi­lial qu’on fait de la po­li­tique », s’ir­rite sur un banc une femme en­ceinte qui ne sait pas encore si elle don­ne­ra son suf­frage à Le Pen ou à Ma­cron. « Un bon di­manche ! » ré­torquent alors les petites mains de la cam­pagne qui, avec leurs bal­lons de bau­druche, ont beau­coup de suc­cès au­près… des ga­mins en ber­mu­da.

Mais Fran­co, 58 ans, chef d’en­tre­prise, ne baisse pas les bras. Il jette son dé­vo­lu sur Ab­der­rah­mane, 38ans,un­dé­çu­deHol­lan­de­qui­hé­site entre Mé­len­chon et « Ma­cron le ban­quier ». « Mais lui au moins, il a tra­vaillé, ce n’est pas un ap­pa­rat­chik », dé­fend le militant. Une voix de ga­gnée ? « Ah, non, c’est pas fait, je vais encore re­gar­der de près le pro­gramme », pré­vient le ci­toyen indécis qui se voit re­mettre un li­vret des pro­messes. « Ne le je­tez pas à la pou­belle, hein ? » es­père Fran­co, qui es­saie de « grat­ter » des voix au­près des désa­bu­sés du PS. Il n’est sûr de rien. « Cette élec­tion, c’est une grande lo­te­rie », constate-t-il.

Sa ca­ma­rade Char­lotte s’ap­proche, elle, de Zi­dane, 20 ans, al­lon­gé dans l’herbe. Ce mi­li­taire de­vrait dé­po­ser un bul­le­tin Mé­len­chon. « J’y connais rien, alors je vote comme ma fa­mille, je lui fais confiance », lâche-t-il. La ma­cro­niste lui tend tout de même un fas­ci­cule. « Je le li­rai plus tard, mais je crois que ça ne chan­ge­ra pas grand-chose », com­mente le jeune homme. Ac­com­pa­gné de ses trois en­fants, Khaou­la est da­van­tage ré­cep­tive. Les ar­gu­ments bien ro­dés de Fran­co sur l’exo­né­ra­tion de la taxe d’ha­bi­ta­tion, le passe culture à 500 € pour les jeunes, l’aug­men­ta­tion des sa­laires ou le rem­bour­se­ment in­té­gral des lu­nettes semblent faire mouche. « Il y a 90 % de chances que je choi­sisse Ma­cron », s’en­gage-t-elle. Fran­co est sa­tis­fait, il ne re­par­ti­ra pas bre­douille de sa chasse du jour.

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