L’opé­ra­tion Ca­ze­neu­veest­lan­cée

Face aux dif­fi­cul­tés ren­con­trées par Be­noît Ha­mon dans la cam­pagne pré­si­den­tielle, cer­tains au PS sou­haitent que le Pre­mier mi­nistre mène la ba­taille des lé­gis­la­tives.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

ven­dre­di le se­cré­taire d’Etat à l’In­dus­trie, Christophe Si­rugue, lors d’un dé­pla­ce­ment de cam­pagne de… Be­noît Ha­mon. Signe qu’une grande par­tie des so­cia­listes sont dé­jà dans l’après-dé­faite de leur can­di­dat à la pré­si­den­tielle.

L’idée de ce « dis­po­si­tif Ca­ze­neuve » a ger­mé il y a une di­zaine de jours. A la ma­noeuvre, Jean-Christophe Cam­ba­dé­lis, le pre­mier se­cré­taire du par­ti, l’évo­que­lors­du­bu­reau­na­tio­nal de jeu­di. « En des­sous de 10 % au pre­mier tour, Be­noît Ha­mon ne pour­ra pas me­ner les so­cia­listes à la vic­toire. Ber­nard Ca­ze­neuve doit oc­cu­per les avant-postes », ré­sume un par­ti­ci­pant. Quelques jours plus tôt, François Hollande a don­né son feu vert à l’opé­ra­tion au cours d’un­dé­jeu­ne­ra­vec­sonP­re­mier mi­nistre, « au nom de l’uni­té du par­ti », ex­plique son en­tou­rage.

Il ne reste plus qu’à l’in­té­res­sé lui-même de conclure dans l’avion qui le ra­mène ven­dre­di de Tu­nis à Pa­ris. Si sa prio­ri­té reste que « le tra­vail soit fait jus­qu’au bout », le chef du gou­ver­ne­ment est, nous dit-il, « prêt à ai­der » mais, in­siste-t-il, il n’a « rien de­man­dé ». « Le par­ti sait très bien que je suis à dis­po­si­tion pour faire le tra­vail. Que je puisse être utile, soit, mais je ne par­ti­ci­pe­rai pas à une foire d’em­poigne. Je ne suis pas un per­tur­ba­teur. Je suis un in­té­gra­teur po­si­tif. » Le Pre­mier mi­nistre se fait donc dé­si­rer. Un ap­pel d’élus des­ti­né à le po­ser en re­cours se­rait en­vi­sa­gé. Reste un pro­blème : Ber­nard Ca­ze­neuve n’est pas can­di­dat aux lé­gis­la­tives et n’a ja­mais ca­ché son in­ten­tion de quit­ter la vie po­li­tique à la fin du quin­quen­nat pour re­trou­ver son mé­tier d’avo­cat. « Il y au­ra une forte pres­sion pour le convaincre de re­par­tir au com­bat dans sa cir­cons­crip­tion de Cher­bourg », ba­laie un socialiste. Les proches de Be­noît Ha- mon y voient, quant à eux, un réel obs­tacle. « Cette opé­ra­tion Ca­ze­neuve est lu­naire, il n’est pas can­di­dat et ne se­ra même plus Pre­mier mi­nistre pen­dant la cam­pagne. Quelle lé­gi­ti­mi­té ? » peste le dé­pu­té PS Pas­cal Cher­ki. D’autres s’in­ter­rogent dé­jà sur le fu­tur pro­gramme des so­cia­listes aux lé­gis­la­tives : « Si c’est pour faire cam­pagne sur la dé­fense du bi­lan, bon cou­rage ! »

Le plan Ca­ze­neuve a encore ses dé­trac­teurs… mais « y au­rat-il une cam­pagne ? » s’in­ter­roge Claude Bar­to­lone, lui aus­si pré­sent au cô­té de Ca­ze­neuve en Al­gé­rie et en Tu­ni­sie. Proche du Pre­mier mi­nistre, le pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale re­doute, dans l’hy­po­thèse d’une vic­toire d’Em­ma­nuel Ma­cron, que son ami ne s’abîme dans une cam­pagne éclair où il n’au­rait que peu de vi­si­bi­li­té. Jean-François Co­pé, dé­pu­té-maire LR de Meaux (Seine-etMarne), ne se re­pré­sente pas aux lé­gis­la­tives. Il choi­sit sa ville. « Puis­qu’il me fal­lait choi­sir, j’ai pris la dé­ci­sion de re­non­cer à mon man­dat de dé­pu­té, que j’exer­çais de­puis 2007, et de me consa­crer à la ville de Meaux », re­grette-t-il dans une in­ter­view au « Fi­ga­ro ».

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