« Je tra­vaillais de nuit, sans ma­jo­ra­tion »

Le Parisien (Paris) - - ARGENT -

a dé­chan­té il y a trois ans. Ins­tal­lée dans la ban­lieue pa­ri­sienne, Ca­mille, 25 ans, étu­diante en com­mu­ni­ca­tion à la Sor­bonne Nou­velle se fait em­bau­cher au smic par une grande salle de concerts pa­ri­sienne du­rant l’été. « L’in­ti­tu­lé du poste était

On m’a dit que j’al­lais faire la com­mu­ni­ca­tion pour la salle. » Une ex­pé­rience in­té­res­sante dans le cadre de ses études. On lui pro­met éga­le­ment qu’elle pour­ra as­sis­ter à des concerts gra­tui­te­ment, une au­baine pour cette fan de Pat­ti Smith et de Beach House. « Je me suis dit que j’avais trou­vé un job trop co­ol. » Mais, très vite, elle tombe de haut. Ca­mille est en réa­li­té can­ton­née à la dis­tri­bu­tion de flyers aux pas­sants. « Avec quatre ki­los sur le dos, je de­vais tra­ver­ser Pa­ris à pied et à vé­lo de nuit, seule », dans des quar­tiers qu’elle juge par­fois dan­ge­reux. Et à ses frais : la salle de concert n’avait pré­vu au­cun abon­ne­ment de Vé­lib’, encore moins de rem­bour­se­ment de frais de taxi.

Chaque soir, elle se poste de­vant les en­trées des dis­co­thèques. Des ho­raires contrai­gnants qui l’obligent à tra­vailler entre mi­nuit et 4 heures.

« La ma­jo­ra­tion des heures de nuit, je n’y avais pas droit », dé­non­cet-elle. Mal­gré ces condi­tions de tra­vail dif­fi­ciles, elle concède une bonne am­biance au sein de l’équipe de la salle de spec­tacles.

« Je pense qu’ils étaient au courant que c’était un tra­vail scan­da­leux, alors ils me di­saient sou­vent que j’étais la bien­ve­nue aux concerts et j’avais droit à des consom­ma­tions. »

Au­jourd’hui, l’étu­diante a pris du re­cul sur cette ex­pé­rience. « Quand on connaît une si­tua­tion pré­caire, on ac­cepte n’im­porte quoi », re­con­naî­telle. Mais pas à n’im­porte quel prix. A ceux qui re­cherchent un job d’été, elle conseille de bien étu­dier le contrat et de vé­ri­fier si les heures sup­plé­men­taires se­ront payées. Concer­nant des em­plois avec des ho­raires dé­ca­lés, la jeune femme in­siste : « Il faut de­man­der le mi­ni­mum syn­di­cal avec le rem­bour­se­ment des frais de trans­port. »

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