« Le seul à pro­po­ser une vraie ré­vo­lu­tion »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - CHRISTIANROBERT

Vous dites que votre pro­gramme consti­tue un nou­veau mo­dèle de crois­sance. Moi je le trouve très clas­sique et sans au­dace. Pour­tant, je m’at­taque à des choses aux­quelles per­sonne ne s’est ja­mais at­ta­qué. Il faut sor­tir de la lo­gique des pe­tits ajus­te­ments et pri­vi­lé­gier les trans­for­ma­tions en pro­fon­deur. D’abord, sur le chô­mage et la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, je suis le seul à pro­po­ser une vraie ré­vo­lu­tion. Je ne veux pas chan­ger les pa­ra­mètres comme la du­rée d’in­dem­ni­sa­tion. Je veux chan­ger le sys­tème. Je pro­pose de pro­té­ger tous les ac­tifs, quel que soit leur sta­tut ; je veux que le chô­mage ne soit plus gé­ré par les par­te­naires so­ciaux mais que l’Etat en re­de­vienne le vrai pi­lote. Le fi­nan­ce­ment ne se­rait plus as­su­ré par les co­ti­sa­tions mais par l’im­pôt, et avec un vrai contrôle de la re­cherche d’em­ploi. Je trans­forme la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle pour la ra­me­ner vers ceux qui en ont le plus be­soin, alors qu’elle pro­fite plu­tôt au­jourd’hui à ceux qui sont dé­jà bien for­més. Deuxième point, je trans­forme en pro­fon­deur le droit du tra­vail. Je pro­pose de gar­der les grands prin­cipes au ni­veau de la loi et de ren­voyer la dé­fi­ni­tion des bons équi­libres à ceux qui sont concer­nés sur le ter­rain, dans le cadre de ce qu’on ap­pelle des ac­cords d’en­tre­prise ou, à dé­faut, de branche. Troi­sième point, les re­traites. On a 37 ré­gimes dif­fé­rents, avec no­tam­ment des ré­gimes spé­ciaux qui créent du doute et de l’in­sta­bi­li­té. Ce que je pro­pose n’est pas une énième ré­forme, sur l’âge lé­gal ou la du­rée de co­ti­sa­tion, mais la fu­sion en un ré­gime uni­ver­sel où 1 € co­ti­sé gé­né­re­ra les mêmes droits. Ce sont des ré­formes pro­fon- des et au­da­cieuses, en rup­ture avec la mé­thode en vi­gueur de­puis trente ans. En­fin, la trans­for­ma­tion de l’Etat et de l’éco­no­mie sup­pose de te­nir les fi­nances pu­bliques tout en ayant un plan de trans­for­ma­tion par l’in­ves­tis­se­ment. Les uns ne savent que sa­brer, les autres que dé­pen­ser. Moi, j’in­ves­tis au­jourd’hui pour dé­pen­ser moins de­main. En fai­sant tout ce­la, nous sor­ti­rons de l’im­puis­sance politique.

ANNE-SO­PHIE BARDIN-LAHALLE

La loi Ma­cron avait pour but de li­bé­ra­li­ser les pro­fes­sions ré­gle­men­tées mais vous n’êtes pas al­lé au bout. La com­plè­te­rez-vous ? Beau­coup de choses ont été faites, comme sur votre pro­fes­sion, celle d’avo­cat, sur les huis­siers ou les tri­bu­naux de com­merce. La ré­forme des no­taires a été blo­quée. Je sou­haite que la loi soit ap­pli­quée et nous la fe­rons ap­pli­quer.

ANNE-SO­PHIE BARDIN-LAHALLE

Vous ne crai­gnez pas les pres­sions des lob­bys ? Les lob­bys exis­te­ront tou­jours. Mais il faut de la trans­pa­rence. Je sou­haite, qu’avec un cer­tain dé­lai, les membres des ca­bi­nets mi­nis­té­riels et les mi­nistres rendent pu­blic les con­tacts, par­fai­te­ment lé­gi­times, qu’ils ont pu avoir avec des re­pré­sen­tants d’in­té­rêts par­ti­cu­liers. Les ci­toyens ont le droit de sa­voir.

Saint-Ouen (Sei­neSaint-De­nis), lundi. Em­ma­nuel Ma­cron as­sure qu’il ira au bout de la ré­forme des pro­fes­sions ré­gle­men­tées qu’il a ini­tiée, no­tam­ment concer­nant les no­taires.

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