« Contrô­ler et for­mer »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - ALEXANDRENAUD

Si vous na­tio­na­li­sez la ges­tion du chô­mage, com­ment la fi­nan­ce­rez-vous ? Le sys­tème ne tient plus. Ce que je pro­pose, c’est de ne plus le fi­nan­cer par les co­ti­sa­tions mais par l’im­pôt. Je sup­prime la to­ta­li­té des co­ti­sa­tions so­ciales que payent les sa­la­riés pour s’as­su­rer contre le chô­mage, et je les trans­fère vers la CSG. Tous les tra­vailleurs ver­ront une baisse de 3,1 points de co­ti­sa­tion so­ciale et 1,7 point d’aug­men­ta­tion de CSG, ce qui re­pré­sen­te­ra au fi­nal une hausse de pou­voir d’achat. Les in­dé­pen­dants, les fonc­tion­naires, les com­mer­çants ou les agri­cul­teurs connaî­tront aus­si des gains, car le sys­tème, fi­nan­cé par l’im­pôt, de­vien­dra uni­ver­sel. Quant aux co­ti­sa­tions pa­tro­nales, elles bais­se­ront au glo­bal de 6 points dont une par­tie au titre du chô­mage — et même de 10 points au ni­veau du smic. Pour res­pon­sa­bi­li­ser les en­tre­prises, je met­trai en place, branche par branche, un sys­tème de bo­nus-ma­lus de co­ti­sa­tions pa­tro­nales qui pé­na­li­se­ra celles qui mul­ti­plient les contrats courts et, au contraire, ré­com­pen­se­ra celles qui créent de l’em­ploi stable. Le re­dé­ploie­ment du sys­tème s’ac­com­pa­gne­ra d’un meilleur contrôle des chô­meurs. Tout le monde au­ra droit au chô­mage, même les in­dé­pen­dants. Mais si, après un bi­lan de com­pé­tences, un chô­meur re­fuse plus de deux offres d’em­ploi géo­gra­phi­que­ment et pro­fes­sion­nel- le­ment res­pon­sables, son in­dem­ni­té se­ra sus­pen­due. Si au­cune offre d’em­ploi ne lui est pro­po­sée, alors il au­ra un droit à se for­mer, et on lui paie­ra pen­dant six mois ou un an une for­ma­tion qua­li­fiante vers des sec­teurs où il y a des be­soins. C’est ce qu’on ne fait pas au­jourd’hui et qui est une des rai­sons du chô­mage à long terme, qui n’est pas la faute des chô­meurs.

RA­PHAËL ROS­SI­GNOL

Si les chô­meurs se voient contraints d’ac­cep­ter une pro­po­si­tion d’em­ploi moins bien ré­mu­né­rée que leur der­nier sa­laire, ne crai­gnez­vous pas de créer des trappes à pau­vre­té ? Mais la trappe à pau­vre­té, c’est celle qui existe quand vous êtes au chô­mage ! Il est im­por­tant de ne pas se re­trou­ver dans une si­tua­tion où, parce qu’on a le droit d’être in­dem­ni­sé, on re­fu­se­rait une offre qui cor­res­pond à la for­ma­tion qu’on a et qui se trouve dans la ré­gion. Il faut un mé­ca­nisme de res­pon­sa­bi­li­té. Au­jourd’hui, on est dans un sys­tème per­dant-per­dant, car on a à la fois peu de contrôle et peu de for­ma­tion. Dans le sys­tème uni­ver­sel que je veux mettre en place, on contrôle et on forme. Ce­la ira avec une ré­forme de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle qui ins­tau­re­ra de la qua­li­té et de la trans­pa­rence, met­tra à dis­po­si­tion une éva­lua­tion des résultats des for­ma­tions afin d’ai­der les sa­la­riés à s’orien­ter se­lon les be­soins de l’éco­no­mie et leurs propres be­soins.

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