Au­tour de Trump, la ba­taille d’in­fluence fait rage

Le conflit entre le gendre Ku­sh­ner et le conseiller Ban­non im­pacte la politique étran­gère.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - CHARLESDESAINTSAUVEUR

ouest de la Mai­sonB­lanche, au coeur du pou­voir amé­ri­cain, la ba­taille d’in­fluence qui se joue entre les li­bé­raux et les ul­tra-conser­va­teurs ne fait pas que pa­ra­si­ter le dé­but de man­dat de Do­nald Trump : elle me­nace aus­si d’avoir des consé­quences dans le monde en­tier.

D’un cô­té, Ja­red Ku­sh­ner, le gendre du pré­sident mil­liar­daire (il est ma­rié à sa fille Ivan­ka). Pro­mu as­sis­tant du chef de l’Etat, ce brillant bu­si­ness­man de 36 ans tient of­fi­cieu­se­ment le manche de la di­plo­ma­tie. De l’autre, Ste- phen Ban­non, 63 ans, chef d’or­chestre de la fin de cam­pagne vic­to­rieuse de Trump et ul­tra­réac­tion­naire. Cet an­cien jour­na­liste, que Wa­shing­ton sur­nomme « Pre­sident Ban­non » pour sa grande in­fluence, sié­geait — fait ra­ris­sime pour un conseiller politique — au Conseil de sé­cu­ri­té na­tio­nale, où gé­né­raux et mi­nistres tranchent les grandes dé­ci­sions de dé­fense et de politique étran­gère. Ce par­ti­san de l’Ame

d’un re­pli sur soi di­plo­ma­tique, en a été écar­té il y a quelques jours. Et beau­coup y voient la main de Ku­sh­ner, par­ti­san plus clas­sique d’une Amé­rique ou­verte à la mon­dia­li­sa­tion.

Face au conflit idéo­lo­gique de plus en plus pe­sant entre ces deux camps, la ges­tion du pou­voir est de­ve­nue si com­pli­quée que le pré­sident a ta­pé du poing sur la table il y a quelques jours et réuni les deux hommes. Mais la dé­gra­da­tion de Ban­non, bien qu’il reste conseiller, an­nonce peu­têtre une cla­ri­fi­ca­tion à la Mai­sonB­lanche. « Il y au­ra tou­jours une grande part d’in­cer­ti­tudes avec Trump, mais l’Amé­rique semble re­ve­nue à une politique étran­gère plus clas­sique, plus en­ga­gée dans le monde », ex­plique Do­mi­nique Moï­si, ex­pert des EtatsU­nis et conseiller spécial à l’Ins­ti­tut Mon­taigne*. alors qu’il était avec le pré­sident Xi Jin­ping, pour­suit Do­mi­nique Moï­si. Le mes­sage adres­sé aux Russes comme aux Chi­nois est très clair : si vous ne contrô­lez pas mieux vos pro­té­gés, je le fe­rai moi-même. La Russie a lais­sé son al­lié As­sad tuer les siens au gaz ? J’en­voie des mis­siles. Pé­kin ne calme pas Kim Jong-un ? J’en­voie un porte-avions. » « La Co­rée du Nord cherche des en­nuis. Si la Chine dé­cide d’ai­der, ça se­rait for­mi­dable. Si­non, nous ré­sou­drons le pro­blème sans eux ! », a twee­té Trump.

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