Un­meur­treou­blié et­peut-être­ja­mais­ju­gé

Un pro­blème de pro­cé­dure pour­rait em­pê­cher la com­pa­ru­tion de meur­triers pré­su­més, iden­ti­fiés quinze ans après les faits.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS -

Ce n’est que l’an der­nier que la vé­ri­té éclate. Une jeune femme se pré­sente à la po­lice pour li­vrer un se­cret : son com­pa­gnon lui a confié avoir tué avec son père un jeune homme, en 2001, dans le cadre d’une af­faire de vol, sur fond de tra­fic de drogue. Un cer­tain Mo­ha­med… Lar­dé de coups de cou­teau, son corps a été ca­ché sept ans dans une cave avant d’être en­ter­ré par le père, ai­dé de son autre fils, dans un bois du Beau­jo­lais. « Ma mère a vou­lu se dé­fe­nes­trer en l’ap­pre­nant… Com­ment lui dire main­te­nant qu’il n’y au­ra peut-être pas de pro­cès ? » se dé­sole Naouel.

La fa­mille de Mo­ha­med pour­rait en ef­fet se heur­ter au mur de la pres­crip­tion, ce dé­lai au-de­là du­quel on ne peut plus ju­ger les au­teurs. A l’époque, il était de dix ans après les faits en ma­tière de crime. Sans le sa­voir, les pa­rents de Mo­ha­med avaient per­mis de le re­pous­ser grâce à une plainte pour « disparition inquiétante » dé­po­sée en 2008. Or c’est pré­ci­sé­ment celle-ci qui a été per­due et me­nace au­jourd’hui toute l’af­faire…

« Après tout ce qu’on a en­du­ré, pen­ser que ceux qui ont tué mon frère vont peut-être dor­mir t r a n q u i l l e me n t d a n s l e u r l i t , ça m’écoeure », sou­pire Naouel, dont la pé­ti­tion, hé­ber­gée par la plate-forme Change.org, frôle les 50 000 si­gna­tures.

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