Après le re­port, le sou­rire de Mbap­pé

FOOT­BALL Ligue des cham­pions (quarts de fi­nale al­ler). Au len­de­main des ex­plo­sions qui ont vi­sé le bus de Dort­mund et en­traî­né le re­port du match, les Mo­né­gasques ont fait ce qu’il fal­lait pour l’em­por­ter.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD ÀDORTMUND(AL­LE­MAGNE)

Une mi-temps, soit 45 mi­nutes, c'est donc le temps qu'il au­ra fal­lu aux joueurs du Bo­rus­sia Dort­mund pour se re­mettre hier soir la tête à l'en­droit, et ou­blier qu'ils avaient cer­tai­ne­ment frô­lé la mort 24 heures plus tôt. On ne sau­ra ja­mais tout à fait si c'est la triple ex­plo­sion sur­ve­nue la veille aux abords de leur bus ou le chan­ge­ment tac­tique opé­ré par Tho­mas Tu­chel l'en­traî­neur al­le­mand, mais la pre­mière pé­riode des joueurs du Bo­rus­sia res­te­ra comme une tâche dans leur par­cours en Ligue des cham­pions. Une rup­ture de fais­ceau, ali­men­tée par un ar­bi­trage moyen, qui pour­rait leur coû­ter la qua­li­fi­ca­tion (mer­cre­di pro­chain au stade Louis-II), et dont ont su pro­fi­ter fort op­por­tu­né­ment Radamel Fal­cao et ses par­te­naires pour bâ­tir leur suc­cès avec un avan­tage de deux buts à la pause.

« Le coach avait in­sis­té sur le fait que c'était un match nor­mal et qu'il fal­lait ou­blier tout ce qui s'était pas­sé la veille, ex­pli­que­ra après la par­tie Ber­nar­do Sil­va, le mi­lieu of­fen­sif de l’ASM. Aus­si, on a es­sayé de jouer le plus nor­ma­le­ment pos­sible. On est un peu tristes pour Bar­tra (NDLR : le joueur es­pa­gnol de Dort­mund bles­sé

et opé­ré du poi­gnet) et les joueurs du Bo­rus­sia, car c'est une si­tua­tion très dif­fi­cile pour eux. Pour nous aus­si mais pas au­tant.» Hier soir, l'am­bian- ce au Si­gnal Idu­na Park n'était pas aus­si écra­sante que lors d'An­gle­terre - France du 17 no­vembre 2015 quatre jours après les ter­ribles at­ten­tats de Pa­ris et de Saint-De­nis.

Mais l'émo­tion était quand même pal­pable, no­tam­ment quand le stade dans son en­semble a re­pris en choeur« You' ll ne ver­wal­ka­lo ne» de Ger­ry and the Pa­ce­ma­kers, ou quand des ap­plau­dis­se­ments nour­ris ont ac­com­pa­gné l'ar­ri­vée des joueurs al­le­mands sur la pe­louse. Dans leur par­cage, les sup­por­teurs mo­né­gasques ont aus­si ap­por­té leur sou­tien à leur ad­ver­saire du soir en scan­dant des « Bo­rus­sia, Bo­rus­sia ». « Nous sommes des pro­fes­sion­nels mais nous sommes aus­si des êtres hu­mains, et ce soir ce n'était vrai­ment pas fa­cile, confie­ra Nu­ri Sa­hin, le mi­lieu al­le­mand après la dé­faite de son équipe. Est-ce que nous vou­lions jouer ce match ? Non. Je sais qu'on gagne beau­coup d'ar­gent, que nous sommes cé­lèbres et que tout est beau pour nous. Mais à cô­té de ce qu'on a su­bi et souf­fert, le foot­ball n'est plus grand-chose.»

Cette confi­dence ex­plique en par­tie cette dé­faite, la deuxième des Al­le­mands dans leur stade face à un club fran­çais après celle concé­dée contre l'OM, en dé­cembre 2011 (3-2) dé­jà en Ligue des cham­pions. « Leur ré­ac­tion est normale car c'était une soi­rée dif­fi­cile pour le Bo­rus­sia. Il ne faut pas ou­blier qu'ils ont eu un joueur bles­sé dans cette at­taque. Mais l'UEFA a dé­ci­dé que nous de­vions jouer et on a ga­gné en res­tant concen­trés », ré­sume froi­de­ment Radamel Fal­cao, le ca­pi­taine mo­né­gasque. Car ce match, pas tout à fait nor­mal, a en­trou­vert les portes des de­mi-fi­nales à l'ASM.

Alors certes le match re­tour se joue­ra sans le mé­tro­nome Fa­bin­ho sus­pen­du. Mais, sauf contre-ordre, Ky­lian Mbap­pé, au­teur de son pre­mier dou­blé en Ligue des cham­pions, lui se­ra bien là. A chaque sortie, le néo-in­ter­na­tio­nal gagne en épais­seur. Avec ce suc­cès, c'est la deuxième et rare bonne nou­velle de cette étrange soi­rée.

« L'UEFA A DÉ­CI­DÉ QUE NOUS DE­VIONS JOUER ET ON A GA­GNÉ EN RES­TANT CONCEN­TRÉS » RADAMEL FAL­CAO, CA­PI­TAINE MO­NÉ­GASQUE

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