In­ter­view : les tou­chantes confi­dences de So­phie Da­vant

So­phie Da­vant, ani­ma­trice de France 2, pu­blie un nou­veau livre de confi­dences pour ai­der à sur­mon­ter les épreuves de la vie.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PROPOS RE­CUEILLIS PAR MI­CHAËL ZOLTOBRODA @mi­chael­zol­to

DOUDOUNE NOIRE et écharpe à fleurs, an­gois­sée et en­thou­siaste. So­phie Da­vant nous re­çoit dans une bras­se­rie de l’Ouest pa­ri­sien. L’ani­ma­trice de France 2 est ve­nue avec Djette, sa pe­tite chienne. Et nous, avec son der­nier livre-confes­sion, « Il est temps de choi­sir sa vie », écrit après l’in­ter­rup­tion de « Toute une his­toire » en juin der­nier, après six ans de pré­sen­ta­tion et sept mille té­moi­gnages. Une dé­ci­sion qui l’a « meur­trie », avant qu’elle re­bon­disse sur la même case à la coa­ni­ma­tion de « Mille et une vies », le ven­dre­di. Une épreuve par­mi d’autres dans la vie ca­bos­sée de celle qui se voit comme « une fille très fleur bleue », une « ga­mine pour qui tout est en­core pos­sible ». Dans quel état d’es­prit avez-vous écrit « Il est temps de choi­sir sa vie » ?

SO­PHIE DA­VANT. Pour moi, l’ar­rêt de « Toute une his­toire » a été un choc psy­cho­lo­gique. J’étais dé­sta­bi­li­sée. Le psy­chiatre Ch­ris­tian Fau­ré, avec qui j’ai écrit d’autres livres, m’a conseillé de par­tir de mon ex­pé­rience pour don­ner des clés aux lec­teurs afin de sur­mon­ter des épreuves. La vie est une suc­ces­sion de mi­ni-deuils. Je ne pleur­niche pas sur mon sort. J’ai conscience que cette épreuve peut pa­raître fu­tile en com­pa­rai­son avec d’autres bien plus graves. J’ai moi-même été confron­tée à la ma­la­die et la mort de ma ma­man lorsque j’avais 20 ans. Et je veux mon­trer que tout le monde peut s’en sor­tir. Vous évo­quez vos re­la­tions avec Jean-Luc De­la­rue, qui a créé, pro­duit

« Toute une his­toire » et l’a pré­sen­té avant vous… Ça été très com­pli­qué pour lui (NDLR : De­la­rue a été sus­pen­du d’an­tenne en 2010 en rai­son d’une ad­dic­tion à la co­caïne, avant de suc­com­ber à un can­cer en 2012). Il a été re­ti­ré de l’an­tenne, ça a été une si­tua­tion de crise et moi, j’ar­rive à ce mo­ment-là. Et je fais de bonnes au­diences. Jean-Luc s’en fé­li­ci­tait en tant que pro­duc­teur, mais pour le pré­sen­ta­teur qu’il avait été, c’était désa­gréable à vivre. Lors d’un dé­jeu­ner, il m’a ex­trê­me­ment tou­ché en me confiant ses bles­sures, ses fra­gi­li­tés. Après, il est tom­bé ma­lade. Et ils étaient peu nom­breux à venir le voir à l’hô­pi­tal. Plu­sieurs fois, vous évo­quez le manque de confiance en vous… Ça doit cor­res­pondre à un manque de com­pli­ments de mes pa- rents, qui ont con­si­dé­ré que j’étais au­to­nome. Je doute beau­coup, je me re­mets sou­vent en ques­tion. Ça me rend vi­vante, et fa­ti­gante pour mon en­tou­rage. J’ai tou­jours ce be­soin d’être ad­mi­rée par mes proches. Vous re­ve­nez aus­si sur votre divorce avec Pierre Sled, mais on ne trouve au­cune ligne sur vos re­la­tions avec l’écri­vain Erik Or­sen­na, puis avec le chef Georges Me­nut… Je parle de ma rup­ture avec Pierre après vingt-trois ans de ma­riage, parce que c’est aus­si un deuil dou­lou­reux à vivre. Et nous avons une belle re­la­tion au­jourd’hui. Je n’ai rien à ca­cher. Mais les deux autres per­sonnes que vous évo­quez, il y a eu des pho­tos vo­lées, mais je n’en ai ja­mais par­lé. Je ne veux pas ali­men­ter les ra­gots. J’ai eu d’autres his­toires après Pierre, point. Au­jourd’hui, c’est tou­jours plus dur d’être une femme qu’un homme à la té­lé­vi­sion ? Oui. On par­donne plus fa­ci­le­ment à un homme d’avoir des rides, d’avoir l’air fa­ti­gué ou des tempes gri­son­nantes. Nous, les femmes, on est en­core trop ju­gées sur notre ap­pa­rence et non sur notre pro­fes­sion­na­lisme. Sans par­ler des dif­fé­rences sa­la­riales. Ado­les­cente, vous vou­liez être mé­de­cin. Une vie loin des pro­jec­teurs, vous y pen­sez tou­jours ? Vous vou­lez me vi­rer, c’est ça ?

(Rires.) Oui, j’y pense. Toute jeune, j’étais fas­ci­née par des Ru­fin ou Kouch­ner. Je me voyais par­tir pour des mis­sions au bout du monde. Au­jourd’hui, j’ai­me­rais mus­cler mes con- naissances en psy­cho­lo­gie, avoir des di­plômes. Et faire un grand voyage sur un voi­lier. Quel re­gard ont vos en­fants, Ni­co­las (24 ans) et Va­len­tine (21 ans), sur votre car­rière ? Je ne crois pas qu’ils aient à rou­gir de moi. A chaque fois que j’ai une dé­ci­sion à prendre, j’en parle avec eux. Et leur avis est as­sez tran­ché. Par exemple, on m’a con­tac­tée pour le pro­chain « Danse avec les stars » et ça a fait l’ob­jet d’un dé­bat. J’adore dan­ser, après… je ne suis pas sûre que ce soit fait pour moi. Deux pro­jets d’émis­sion sont tom­bés à l’eau ces der­niers mois. Com­ment voyez-vous votre ave­nir sur France 2 ? Je ne me sens pas mal ai­mée par la chaîne. Je tra­vaille sur de nou­veaux pro­jets. J’ai en­vie de choses dif­fé­rentes. J’ai une for­ma­tion de jour­na­liste à la base. Je me vois bien réa­li­ser un do­cu­men­taire. Ou à la tête d’une tranche d’in­fos avec des chro­ni­queurs. Vous vous dites « en marche ». C’est une al­lu­sion à Em­ma­nuel Ma­cron ? Non, rien à voir. Mais je suis une ci­toyenne très concer­née par la cam­pagne. Com­ment faire en sorte qu’il y ait moins de chô­meurs, qu’on vive mieux en­semble ? J’es­père qu’il n’y au­ra pas trop d’in­dé­cis. Moi, mon choix est fait. Vous pou­vez nous le confier ? Ça me re­garde (sou­rire).

“L’AR­RÊT DE TOUTE UNE HIS­TOIRE A ÉTÉ UN CHOC PSY­CHO­LO­GIQUE” LA VIE EST UNE SUC­CES­SION DE MI­NI-DEUILS”

Pa­ris (XVIe), en mars 2015. « J’ai tou­jours ce be­soin d’être ad­mi­rée par mes proches », confie So­phie Da­vant.

« Il est temps de choi­sir sa vie », Al­bin Mi­chel. 16,90 €.

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