« Une vo­lon­té de lais­ser mon corps tran­quille »

Elise*, jeune qua­dra, adepte de la mé­thode « de la tem­pé­ra­ture »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - * Les pré­noms ont été chan­gés. C.M.

LA CONTRA­CEP­TION dite na­tu­relle su­per­star de la Toile ? Oui, c’est le moins que l’on puisse dire : mé­thode de la tem­pé­ra­ture, du coït in­ter­rom­pu, celle dite Billings (où la pé­riode fer­tile est re­pé­rée par l’ob­ser­va­tion des pertes va­gi­nales qui de­viennent plus abon­dantes lors de l’ovu­la­tion, as­so­ciée à la me­sure de la tem­pé­ra­ture)… tout y est et ça dis­cute ferme entre femmes.

Certes, on sent par­fois sur les fo­rums ou les ré­seaux so­ciaux le poids de la re­li­gion sur ce choix, des rai­sons mé­di­cales sont aus­si avan­cées comme l’im­pos­si­bi­li­té de prendre des hor­mones, mais il est évident au re­gard des té­moi­gnages qu’une contra­cep­tion plus éco­lo est re­cher­chée, et ce mal­gré la mise en garde du Plan­ning fa­mi­lial qui met en garde sur son site : « Ces mé­thodes ré­duisent le risque de gros­sesse non dé­si­rée sans être ef­fi­caces en ma­tière de contra­cep­tion. Leur taux d’échec est es­ti­mé à 30 et 40 % se­lon la mé­thode », alerte l’as­so­cia­tion.

Toutes les tranches d’âge sont concer­nées, même les plus jeunes. « J’ai 20 ans et je me penche de plus en plus sur les mé­thodes na­tu­relles pour ar­rê­ter la pi­lule et ne pas prendre le sté­ri­let. » Evi­dem­ment, beau­coup de ré­ac­tions hos­tiles, d’avertissements face aux risques de gros­sesse, mais aus­si des en­cou­ra­ge­ments. « Idem, j’ai 23 ans et ça fait long­temps que j’uti­lise des mé­thodes na­tu­relles, en par­ti­cu­lier le re­trait, et nos rap­ports sont cal­cu­lés se­lon mon cycle. »

« Il faut être dans un couple stable pour adop­ter ces mé­thodes. Si on pa­pillonne, c’est pré­ser­va­tif obli­ga­toire. Moi j’ai ar­rê­té la pi­lule il y a sept ans, nous ex­plique Elise*, jeune qua­dra. Une vo­lon­té de lais­ser mon corps tran­quille, sans hor­mones et sans élé­ment étran­ger. C’est mon choix et ça ne fait pas de moi une an­ti­fé­mi­nis- te », in­siste celle qui est ma­riée de­puis douze ans, et qui du coup cal­cule sa pé­riode d’ovu­la­tion.

« Je ne prends plus rien et j’ai vu la dif­fé­rence sur ma libido. C’est la contre­par­tie pour mon ché­ri de­puis que nous avons op­té pour le re­trait. C’était il y a trois ans », nous ra­conte Lei­la* qui en a 33, elle aus­si an­cien­ne­ment sous pi­lule, et « prête à ac­cueillir bé­bé » en cas d’échec.

Sur Twit­ter, les femmes parlent beau­coup de la symp­to­ther­mie. Elle fait même fu­reur. « En­fin une contra­cep­tion ef­fi­cace et non dan­ge­reuse pour­les­fem­mesET­les­hommes»,se ré­jouit l’une d’elles. Cette mé­thode de­mande d’ob­ser­ver et de no­ter quo­ti­dien­ne­ment sur un gra­phique les si- gnes de fer­ti­li­té. Ce­la passe par l’ob­ser­va­tion de trois élé­ments : la tem­pé­ra­ture au ré­veil, les ca­rac­té­ris­tiques de la glaire cer­vi­cale (qui fa­vo­rise la mon­tée des sper­ma­to­zoïdes) et la po­si­tion du col de l’uté­rus (lors de l’ovu­la­tion, il s’ouvre lé­gè­re­ment tan­dis que sa po­si­tion se mo­di­fie). « Fi­ni de dé­ré­gler mon corps et vive la symp­to­ther­mie ! Ras le bol de ce poi­son ! », poste en­core une autre avec la pho­to de sa der­nière pi­lule. « Pour­quoi les gy­né­cos ne se forment-ils pas plus à la symp­to­ther­mie ? C’est la mé­thode de de­main », pro­phé­tise même une der­nière.

Alors que l’usage de la pi­lule contra­cep­tive a re­cu­lé entre 2010 et 2013, les mé­thodes dites na­tu­relles sont celles qui ont le plus pro­gres­sé.

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