Une ap­pli à la place de la pi­lule

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - C.M.

LES FEMMES N’ONT PAS AT­TEN­DU que l’ap­pli­ca­tion mo­bile Na­tu­ral Cycles soit ap­prou­vée par une au­to­ri­té mé­di­cale pour se ruer des­sus. En fé­vrier, 150 000 femmes (ré­par­ties dans 161 pays) uti­li­saient cette ap­pli lan­cée en août 2014. Consi­dé­rée dé­sor­mais comme un dis­po­si­tif mé­di­cal (comme l’est le pré­ser­va­tif), elle peut être au­jourd’hui com­mer­cia­li­sée dans toute l’Eu­rope comme une mé­thode contra­cep­tive (pour 6 € par mois), avec la par­ti­cu­la­ri­té d’être dis­po­nible sur Play Store et l’App Store. Na­tu­ral Cycles a été ima­gi­né par Eli­na Ber­glund, une tren­te­naire sué­doise, cher­cheuse dans le do­maine de la phy­sique des par­ti­cules. Las­sée des contra­cep­tifs ha­bi­tuels, elle dé­cide, en 2013, de tra­vailler sur un al­go­rithme ca­pable de dé­ter­mi­ner avec précision la pé­riode d’ovu­la­tion d’une femme et, donc, si elle est fer­tile. La phy­si­cienne nu­cléaire — ma­riée au scien­ti­fique d’ori­gine fran­çaise Raoul Scher­witzl, co­fon­da­teur de Na­tu­ral Cycles — re­ven­dique uti­li­ser sa propre ap­pli dans sa vie per­son­nelle. BA­SÉE SUR LA COURBE DE TEM­PÉ­RA­TURE Com­ment ça marche ? La femme re­lève sa tem­pé­ra­ture au ré­veil avec un ther­mo­mètre pla­cé sous la langue et rentre le ré­sul­tat dans l’ap­pli qui dé­ter­mine, grâce à l’al­go­rithme, si l’uti­li­sa­trice est fé­conde ou non. Jour vert, pas de pro­blème. Jour rouge, on doit uti­li­ser un contra­cep­tif ou c’est l’abs­ti­nence pour évi­ter une gros­sesse non dé­si­rée (rap­pe­lons que l’ap­pli ne pro­tège pas contre les ma­la­dies sexuel­le­ment trans­mis­sibles). « Une pro­tec­tion sans ef­fets se­con­daires », met en avant le site. Après l’ovu­la­tion, la tem­pé­ra­ture aug­mente de quelques dixièmes de de­gré, en rai­son des chan­ge­ment­shor­mo­naux.L’al­go­rith­me­com­pare la tem­pé­ra­ture en­re­gis­trée chaque jour par l’uti­li­sa­trice aux don­nées sto­ckées dans l’ap­pli­ca­tion (taille, poids, du­rée des cycles et ses ir­ré­gu­la­ri­tés…). Deux études cli­niques ont été pu­bliées sur l’ap­pli­ca­tion dans « The Eu­ro­pean Jour­nal of Con­tra­cep­tio & Re­pro­duc­tive Health Care ». La pre­mière a mon­tré que l’al­go­rithme était aus­si pré­cis pour iden­ti­fier l’ovu­la­tion que les mé­thodes cli­niques comme l’écho­gra­phie. La se­conde a ré­vé­lé que son ef­fi­ca­ci­té était sem­blable à celle des pi­lules.

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