Les banquiers pré­disent « un ca­ta­clysme »

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

n’hé­sitent pas à par­ler de « ca­ta­clysme » et tremblent à l’idée de voir Jean-Luc Mé­len­chon ac­cé­der au deuxième tour de la pré­si­den­tielle. « Il est a prio­ri sym­pa­thique, mais il pro­pose des so­lu­tions ex­trê­me­ment vio­lentes pour l’économie tri­co­lore, tacle Phi­lippe Waech­ter, chef éco­no­miste de Na­tixis As­set Ma­na­ge­ment. Son pro­gramme fe­rait bas­cu­ler la France dans un sys­tème po­ten­tiel­le­ment très in­stable. » Tour d’ho­ri­zon des mesures qui in­quiètent les mar­chés et les mi­lieux éco­no­miques. lour­de­ment taxés et un contrôle glo­bal des mou­ve­ments se­rait ef­fec­tué par l’Etat. Dé­jà, de gros por­te­feuilles ont quit­té l’Hexa­gone. « Ces per­sonnes for­tu­nées veulent pro­té­ger leur épargne et s’as­su­rer qu’elle ne se­rait pas blo­quée en cas de vic­toire d’un can­di­dat comme Jean-Luc Mé­len­chon, as­sure Vincent Cud­ko­wicz, le di­rec­teur gé­né­ral de la so­cié­té de pla­ce­ments fi­nan­ciers Bien pré­voir. On peut aus­si ima­gi­ner que si Mé­len­chon était élu, de grands ac­teurs in­ter­na­tio­naux en­vi­sa­ge­raient ra­pi­de­ment de quit­ter la France pour les mêmes rai­sons. Ce se­rait un scé­na­rio à la vé­né­zué­lienne : la France se­rait iso­lée et les grandes en­tre­prises fui­raient le ter­ri­toire. » Cette hy­po­thèse est exa­gé­rée, se­lon Jacques Gé­né­reux, l’éco­no­miste et conseiller de Jean-Luc Mé­len­chon qui as­sure que cette me­sure au­ra sur­tout l’avan­tage de « dé­tour­ner de la France les gens qui veulent spé­cu­ler. Tant mieux pour le pays, bon dé­bar­ras ! » Il le mar­tèle à chaque dé­bat : JeanLuc Mé­len­chon pro­met une re­fonte des trai­tés eu­ro­péens, cou­plée au re­jet des ac­cords de libre-échange (Taf­ta avec les Etats-Unis, CE­TA avec le Ca­na­da…). Sa dé­fiance vis-à-vis de l’Union eu­ro­péenne s’ar­ti­cule avec une re­mise en cause de l’eu­ro. Pour Phi­lippe Waech­ter, c’est là que le bât blesse : « Jean-Luc Mé­len­chon parle de nou­velle mon­naie com­mune, sans que l’on sache bien de quoi il s’agit… Sur­tout, rien ne ga­ran­tit que cette nou­velle de­vise sus­cite la confiance des mé­nages, des en­tre­prises et des in­ves­tis­seurs étran­gers. » « To­ta­le­ment illu­soire », se­lon Vincent Cud­ko­wicz, le di­rec­teur de Bien pré­voir, cette me­sure in­ter­pelle le sec­teur fi­nan­cier. « Ce­la re­vient à dire : nous an­nu­lons la dette pu­blique pour pou­voir re­com­men­cer de plus belle, es­time Phi­lippe Waech­ter. Or, ce­la au­rait pour ef­fet de faire s’en­vo­ler les taux aux­quels la France em­prunte sur les mar­chés fi­nan­ciers ». Pas du tout, se­lon Jacques Gé­né­reux qui re­con­naît que la « for­mule très forte » de cette me­sure ne re­flète pas for­cé­ment l’idée réelle du can­di­dat. « Nous sou­hai­tons que la BCE puisse prê­ter di­rec­te­ment aux Etats, ex­plique-t-il. Ce­la en­nuie les banques car, si l’Etat ne passe plus par elles, ce­la ré­duit consi­dé­ra­ble­ment leurs in­té­rêts. » Une fois à l’Ely­sée, le can­di­dat de la France in­sou­mise pro­met une haus­se­dus­micde16%,l’aug­men­ta­tion­du point d’in­dice des fonc­tion­naires… « Ce­la ne pous­se­ra pas les in­ves­tis­seurs à em­bau­cher, ni à mi­ser sur la France », note Vincent Cud­ko­wicz.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.