La politique, c’est pour la vie !

L’exer­cice d’un man­dat de dé­pu­té de­vient de plus en plus un mé­tier.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

Le mot est par­tout dans cette cam­pagne… même si rares sont les can­di­dats qui ont exer­cé un vé­ri­table mé­tier avant d’être élu ou ac­tif dans un par­ti. Cette cu­vée 2017 est même le re­flet d’une pro­fes­sion­na­li­sa­tion crois­sante des po­li­tiques, me­su­rée pour la pre­mière fois par une étude* que nous dé­voi­lons.

Les cher­cheurs Ju­lien Boe­laert, Sé­bas­tien Mi­chon et Etienne Ol­lion ont pas­sé au crible quatre gé­né­ra­tions de dé­pu­tés. Par­mi nos élus ac­tuels, 73 % ont ain­si pas­sé plus de la moi­tié de leur vie ac­tive en politique, comme conseiller mu­ni­ci­pal ou cadre dans un par­ti. Ils sont même 16 % à n’avoir vé­cu que de ça… contre 2 % il y a qua­rante ans ! Soit en­vi­ron 90 dé­pu­tés sur 577 dont les seuls re­ve­nus pro­viennent d’une ou plu­sieurs ac­ti­vi­tés liées à la politique.

En plus de l’al­lon­ge­ment du temps pas­sé en politique, les par­cours se sont stan­dar­di­sés. Rares sont les chefs d’en­tre­prise ou les uni­ver­si­taires qui ar­rivent à se faire élire, et en­core moins se faire in­ves­tir par un par­ti, sans y avoir fait leurs classes. 33 % des dé­pu­tés sont ain­si d’an­ciens col­la­bo­ra­teurs d’élus ou de mi­nistres, contre 14 % en 1978.

La pro­fes­sion­na­li­sa­tion des po­li­tiques, par­fois res­sen­tie comme une in­sulte par les in­té­res­sés, a l’avan­tage de pré­pa­rer les dé­pu­tés aux codes du Pa­lais- Bour­bon. A droite comme à gauche, le pas­sage par un poste d’auxi­liaire consti­tue un ac­cé­lé­ra­teur de car­rière. En plus de de­ve­nir plus fa­ci­le­ment dé­pu­té, ils ont trois à quatre fois plus de chances de de­ve­nir mi­nistre.

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