LesW­hirl­poold’AmiensàMa­ti­gnon en­quê­ted’un­re­pre­neur

Les syn­di­cats de Whirl­pool ont ren­dez-vous ce ma­tin avec Ber­nard Ca­ze­neuve. Ob­jec­tif : trou­ver un re­pre­neur pour évi­ter le chô­mage aux 300 sa­la­riés d’Amiens. Une quin­zaine d’offres sont sur la table.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - MAT­THIEU PELLOLI

se­maines, ils ont la désa­gréable im­pres­sion d’être pris dans le tam­bour d’une ma­chine à la­ver. In­quiets, les 290 sa­la­riés de l’usine d’élec­tro­mé­na­ger Whirl­pool d’Amiens (Somme) — aux­quels s’ajoutent la cen­taine de sa­la­riés de Pri­ma, sous-trai­tant pour les plas­tiques — at­tendent avec im­pa­tience la réunion de ce ma­tin à Ma­ti­gnon.

Ber­nard Ca­ze­neuve, le Pre­mier mi­nistre, re­çoit à 10 heures les re­pré­sen­tants de l’in­ter­syn­di­cale (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT) de l’usine en sur­sis. Le groupe amé­ri­cain Whirl­pool, son pro­prié­taire, en­tend fer­mer le site au prin­temps 2018 pour dé­lo­ca­li­ser en Po­logne.

Le but du ren­dez-vous est de faire un point sur une éven­tuelle re­prise pour évi­ter le chô­mage aux 290 sa­la­riés concer­nés. Hier après-mi­di, l’op­ti­misme était de mise à Ma­ti­gnon : « Une quin­zaine d’offres ont été dé­po­sées. » Sur un dos­sier de ce type, « c’est plu­tôt la four­chette haute », confie un haut fonc­tion­naire. ment avec une seule et même en­tre­prise. » Un re­pre­neur, ou plu­sieurs re­pre­neurs as­so­ciés, des pistes sé­rieuses existent donc.

Ber­cy doit se mon­trer vi­gi­lant sur les mo­ti­va­tions des can­di­dats. Gare aux ef­fets d’au­baine, et aux len­de­mains qui dé­chantent ! « Des groupes mal intentionnés pour­raient être ten­tés de pro­fi­ter de l’ar­gent que Whirl­pool va mettre sur la table pour faire ac­cep­ter son dé­part, puis de fer­mer l’usine quelques mois plus tard… » pré­vient-on dans l’en­tou­rage de Ch­ris­tophe Si­rugue, le se­cré­taire d’Etat à l’In­dus­trie, qui pi­lote à Ber­cy la quête d’un re­pre­neur.

Un risque iden­ti­fié par les syn­di­cats. « Je ne veux pas don­ner de faux es­poirs aux gens, sou­pire Fré­dé­ric Chan­te­relle, élu CFDT. Un re­pre­neur, c’est bien, mais pour com­bien de temps ? Et gar­de­ra-t-il tous les sa­la­riés ? J’ai peur que non : nous avons tous plus de vingt ans d’an­cien­ne­té, 48 ans en moyenne et beau­coup souffrent de troubles mus­cu­los­que­let­tiques… »

La re­mise dé­fi­ni­tive des offres de re­prise est fixée au 2 juin mais les sa­la­riés n’ont tou­jours pas ac­cep­té la dé­ci­sion de Whirl­pool. « Le groupe amé­ri­cain a dé­ga­gé 850 M€ de bé­né­fices en 2016 », peste Fré­dé­ric Chan­te­relle. Whirl­pool jus­ti­fie sa dé­ci­sion en as­su­rant que mal­gré « 40 M€ in­ves­tis de­puis 2010 sur le site d’Amiens », l’usine a tou­jours connu « des ré­sul­tats opé­ra­tion­nels né­ga­tifs ».

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