La­tra­que­dé­li­cate deJa­sonLo­pez

L’homme est en ca­vale après avoir kid­nap­pé son fils de 5 ans, Vi­cente, il y a deux se­maines. Son pro­fil, dé­ter­mi­né, in­quiète les en­quê­teurs.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - TIMOTHÉEBOUTRY

après l’Alerte En­lè­ve­ment dont il a fait l’ob­jet, Vi­cente de­meure in­trou­vable. Le gar­çon­net de 5 ans et de­mi a été kid­nap­pé le 29 mars par son père, Ja­son Lo­pez, dans un camp de gens du voyage de Cler­montFer­rand (Puy-de-Dôme) où il vi­vait avec sa mère. Le rapt s’est d’ailleurs dé­rou­lé sous les yeux de cette mère de fa­mille, Do­lores Lopes, me­na­cée et frap­pée par son ex-com­pa­gnon qui a fait ir­rup­tion une arme à la main.

« Les re­cherches se pour­suivent ac­ti­ve­ment pour re­trou­ver en prio­ri­té l’en­fant », confie Eric Maillaud, le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Cler­mont-Fer­rand, sans vou­loir s’étendre sur les pistes sui­vies par les en­quê­teurs. Les in­ves­ti­ga­tions se concen­tre­raient no­tam­ment sur le grand quart sud-ouest de la France où Ja­son Lo­pez, 28 ans, dé­jà con­si­dé­ré comme un dé­te­nu en fuite de­puis le mois de dé­cembre der­nier, a des at­taches. L’Alerte En­lè­ve­ment a quant à elle été le­vée qua­rante-huit heures après le rapt. « Mais elle a per­mis d’ob­te­nir des ren­sei­gne­ments in­té­res­sants », sou­ligne le pro­cu­reur.

La per­son­na­li­té du fu­gi­tif, condam­né à de nom­breuses re­prises par la justice, ne fa­ci­lite pas les re­cherches. « On a af­faire à un homme qui sait se dis­si­mu­ler, sus­cep­tible de comp­ter sur un bon­ré­seau­de­com­pli­ci­té­set­quia dé­jà pas­sé un an en ca­vale », rap­pelle Eric Maillaud.

Ja­son Lo­pez, sur­nom­mé le Cham­pion, s’est éva­dé à deux re­prises : en oc­tobre 2014, alors qu’il était in­car­cé­ré à la mai­son d’ar­rêt de Nevers (Nièvre), puis en dé­cembre 2016, après avoir pro­fi­té d’une sortie à vé­lo pour s’éva­der du centre pé­ni­ten­tiaire de Riom (Puy-de-Dôme), où il pur­geait une peine de trois ans de pri­son pour des vio­lences ag­gra­vées.

Se­lon le pro­cu­reur, rien ne per­met d’af­fir­mer à ce stade que Vi­cente se trouve tou­jours en com­pa­gnie de son père. « On se si­tue dans un uni­vers où la prise en charge des en­fants par des proches est pos­sible », pré­cise le ma­gis­trat. « L’ur­gence, c’est de re­mettre la main sur Vi­cente, pour­suit-il. Ja­son Lo­pez, on sait qu’il com­met­tra un faux pas à un mo­ment don­né. »

Les re­cherches sont d’au­tant plus dé­li­cates qu’elles s’ins­crivent dans un contexte fa­mi­lial très ten­du. Le 31 dé­cembre, alors en ca­vale, Ja­son Lo­pez a été vi­sé par des coups de feu à Saint-Yorre (Al­lier). Une ten­ta­tive d’as­sas­si­nat pour la­quelle son ex-beau- père et les trois fils de ce­lui-ci sont mis en exa­men, mal­gré leurs dé­né­ga­tions. Trois d’entre eux sont ac­tuel­le­ment in­car­cé­rés. « Nous sa­vons que des membres de la belle-fa­mille de Ja­son Lo­pez le re­cherchent, s’in­quiète Eric Maillaud le pro­cu­reur. Nous pré­fé­re­rions être les pre­miers à le re­trou­ver. »

A me­sure que le temps passe, l’in­quié­tude de la mère de Vi­cente croît. « Elle se fait beau­coup de sou­cis, as­sure Me Ber­trand Chau­tard, qui as­sure avec MeMo­ha­medK­ha­ni­far­la­dé­fense des in­té­rêts de la fa­mille Lopes. Elle sait que son ex-com­pa­gnon est violent. Elle s’in­quiète d’au­tant plus pour son fils qu’il a très peu vé­cu avec son père. Là où il se trouve, il n’a plus ses re­pères. »

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