Le Parisien (Paris) - - TRANSPORTS -

Quelques étages plus bas, une fois les po­li­ciers po­si­tion­nés, les contrôles et les fouilles dé­butent, et les voya­geurs s’y sou­mettent sans émettre la moindre désap­pro­ba­tion. « Ça ne me gêne pas, ils le font pour notre sé­cu­ri­té », ex­plique Ga­ry, de Bois-Co­lombes (Hauts-deSeine), qui a non seule­ment dû ou­vrir son sac mais aus­si pa­tien­ter dix bonnes mi­nutes le temps que les po­li­ciers vé­ri­fient qu’il n’était pas ins­crit au Fi­chier des per­sonnes re­cher­chées. Au point même de pro­vo­quer la gêne d’un of­fi­cier sta­giaire qui par­ti­cipe à l’in­ter­ven­tion. « Pour le coup, il se­rait en droit de râ­ler », glisse ce der­nier.

« On vient de vivre quinze jours où il y a des at­ten­tats un peu par­tout en Eu­rope, et no­tam­ment dans le mé­tro de Saint-Pé­ters­bourg. Ça marque les gens, qui ac­ceptent plus fa­ci­le­ment ce genre de contrôles. Mais il y a en­core quelques se­maines, quand l’ac­tua­li­té était do­mi­née par l’af­faire Théo, les ac­cu­sa­tions de dé­lit de fa­ciès étaient beau­coup plus fré­quentes », dé­cryptent les po­li­ciers.

C’est d’ailleurs en rai­son de cette ac­tua­li­té in­ter­na­tio­nale que le pré­fet de po­lice de Pa­ris ré­dige, chaque soir pour le len­de­main de­puis le 5 avril, le même ar­rê­té oc­troyant ces pou­voirs sup­plé­men­taires aux po­li­ciers. « Nous sommes dans une dé­mo­cra­tie, mal­gré l’état d’ur­gence. Ces pou­voirs ex­cep­tion­nels ne peuvent donc qu’être ac­cor­dés que de fa­çon très ponc­tuelle », dé­crypte la chef du dé­par­te­ment de sé­cu­ri­té gé­né­rale à la bri­gade des tran­sports. En une heure, mar­di der­nier, les po­li­ciers ont con- trô­lé 130 per­sonnes. « De­puis le dé­but, ces contrôles nous ont per­mis de re­pé­rer plu­sieurs per­sonnes fi­chées, que nous avons si­gna­lées. Et c’est tou­jours utile de sa­voir ce que des fi­chés S ont dans leur sac… », glisse le ca­pi­taine Tho­mas, qui re­con­naît que ces opé­ra­tions de contrôles per­mettent aus­si de lut­ter contre d’autres formes de dé­lin­quance.

« Nous avons sai­si plu­sieurs armes blanches mais aus­si des quan­ti­tés si­gni­fi­ca­tives de stu­pé­fiants. Lun­di soir, nous avons ain­si trou­vé près de 200 g d’hé­roïne dans les sacs de deux hommes ac­tuel­le­ment en garde à vue ».

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