Pré­si­den­tielle MAL­HEUR AUX VAIN­CUS

Pour cer­tains can­di­dats, la dé­faite pour­rait si­gni­fier la fin de leur car­rière po­li­tique.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR CHARLES DE SAINT-SAU­VEUR ETHENRIVERNET

VAE VICTIS ! Mal­heur aux vain­cus ! De­puis ce cri de triomphe lancé à Rome, au IVe siècle avant Jé­sus Ch­rist, par le chef gau­lois Bren­nus, vic­to­rieux des lé­gions ro­maines, rien n’a chan­gé. Di­manche 23 avril, à 20 heures, c’en se­ra fi­ni des am­bi­tions de toute une vie pour plu­sieurs té­nors. Fillon ? Le Pen ? Ma­cron ? Mé­len­chon ? Ou Ha­mon ? Im­pos­sible à pré­dire, tant ce fi­nish pré­si­den­tiel est ser­ré. Et tant cette cam­pagne est folle. Au point que dans les en­tou­rages des can­di­dats, et tout par­ti­cu­liè­re­ment chez les Ré­pu­bli­cains et au PS, on ai­guise dé­jà les cou­teaux.

UN RE­NOU­VEL­LE­MENT BRU­TAL

Nul be­soin de s’ap­pe­ler Ma­dame So­leil pour de­vi­ner que Fran­çois Fillon, éli­mi­né d’em­blée, dis­pa­raî­trait de­re­chef de la scène po­li­tique. La page se tour­ne­rait aus­si pour Be­noît Ha­mon. Lui qui se voyait si­non pré­sident, tout au moins à la tête du PS, pour­ra, en cas d’échec cui­sant, dire adieu à ses rêves. C’est pour eux — et pour leurs par­tis — que l’en­jeu est le plus vi­tal. Ma­cron, Le Pen et Mé­len­chon pour­raient, cha­cun à leur ma­nière, re­bon­dir en cas de dé­faite.

La po­li­tique est un sport de com­bat… Une dé­faite laisse long­temps KO, comme ce fut le cas pour Sar­ko­zy après la dé­faite de Bal­la­dur face à Chi­rac en 1995 ; et par­fois mort, comme pour Jos­pin éli­mi­né par Le Pen au 1er tour le 21 avril 2002. Ou comme Ro­card, éternel re­ca­lé de la course à l’Ely­sée face à Mit­ter­rand. Mais le cli­mat pa­roxys­tique de cette cam­pagne, qui a dé­jà eu la peau de Jup­pé, Sar­ko­zy, Hol­lande et Valls, rend­le­phé­no­mè­neen­co­re­plus­dé­fi­ni­tif. Comme si les Fran­çais avaient dé­ci­dé de la jouer comme les Amé­ri­cains : un can­di­dat qui échoue­rait à la pré­si­den­tielle n’aurait pas droit à une deuxième chance. Cette fois, les grands bat­tus n’au­ront pas la conso­la­tion de me­ner la cam­pagne lé­gis­la­tive. Le re­nou­vel­le­ment est bru­tal. Mais au fond, n’est-ce pas ce que les Fran­çais at­tendent ?

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