MA­RINE LE PEN

Phi­lip­pot, vic­time ex­pia­toire?

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - VA­LÉ­RIE HACOT @vha­cot1

ET SI MA­RINE LE PEN n’était pas qua­li­fiée pour le se­cond tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle ? Au Front na­tio­nal, c’est le scé­na­rio que personne ne veut même en­vi­sa­ger. « Un ca­ta­clysme », « un choc mons­trueux », « une ca­tas­trophe »… Sous cou­vert d’ano­ny­mat, les cadres du FN ri­va­lisent de for­mules pour évo­quer cette éven­tua­li­té im­pro­bable à leurs yeux. « Mais si ce­la se produisait, ce­la pro­vo­que­rait une sa­crée onde de choc en in­terne », fré­mit l’un d’eux.

Exit la belle uni­té af­fi­chée par le par­ti du­rant la cam­pagne : « Ce­la dé­fou­raille­rait dans tous les sens », an­ti­cipe un élu. Avec, pour de nom­breux fron­tistes, une cible, vic­time ex­pia­toire toute dé­si­gnée : Flo­rian Phi­lip­pot, le vice-pré­sident du FN. « Il se­rait le fu­sible idéal, car il fau­drait bien sa­cri­fier quel­qu’un », as­sure un proche de la can­di­date. Ma­rine Le Pen semble, elle, in­tou­chable : « Elle est la seule qui in­carne le par­ti, il n’y a pas d’al­ter­na­tive. Ma­rion Ma­ré­chal-Le Pen ne tue­ra pas sa tante », tranche un fron­tiste.

UN PAR­TI HAN­TÉ PAR LA SCIS­SION DE 1998

Mais Flo­rian Phi­lip­pot, très dé­crié en in­terne, lui, pour­rait faire les frais d’une mau­vaise sur­prise le 23 avril. « Ma­rine Le Pen a dé­jà sau­vé sa peau une fois après les ré­gio­nales en dé­cembre 2015. Elle ne le fe­ra pas deux fois », es­time, ca­té­go­rique, un proche de la pré­si­dente. Une purge qui n’est pas du goût de tout le monde : « Cer­tains ré­cla­me­ront sa tête, mais ce se­rait in­juste », se dé­sole un cadre qui reste en­vers et contre tout op­ti­miste : « Il y au­ra for­cé­ment une re- mise à plat, mais ce ne se­ra pas non plus un grand cham­bar­de­ment. »

En cas de dé­faite au se­cond tour, les dé­gâts de­vraient être plus li­mi­tés. Sauf si la can­di­date ne réa­lise pas un score à la hau­teur des am­bi­tions fron­tistes : « Si elle est en des­sous des 35 %, ça peut ex­plo­ser », croit sa­voir un proche. « Tous les in­gré­dients sont réunis en in­terne pour que ça pète au cas où les ré­sul­tats ne se­raient pas conformes au meilleur scé­na­rio en­vi­sa­geable », ren­ché­rit un autre. Reste qu’au FN tout le monde est en­core han­té par la scis­sion de 1998 d’avec les mé­gré­tistes. Un trau­ma­tisme qui pour­rait ser­vir de garde-fou. Quant à Ma­rine Le Pen, elle l’an­non­çait dans nos co­lonnes le 26 mars, si elle n’est pas à l’Ely­sée en mai, elle conti­nue­ra « à [se] battre pour [son] pays. A quelle place, à quel poste, je n’en sais rien », di­sait-elle.

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