FRAN­ÇOIS FILLON

«Le­gou­dro­net­les­plumes»

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - OLI­VIER BEAU­MONT @oli­vier­beau­mont

ON ÉTAIT TOUS PRÊTS À SE BATTRE POUR LUI MAIS IL Y A EU TROMPERIE SUR LA MAR­CHAN­DISE” UN FI­DÈLE D’ALAIN JUP­PÉ

« LA DÉ­FAITE ? Il n’en parle pas, ja­mais, à personne. C’est un scé­na­rio qu’il a to­ta­le­ment ex­clu de son lo­gi­ciel », s’étonne lui-même Luc Cha­tel, porte-pa­role de Fran­çois Fillon. Et pour­tant, au­tour du can­di­dat, le doute s’est ins­tal­lé de­puis de longues se­maines dé­jà. La faute à l’af­faire Penelope, bien sûr, à celle des cos­tumes, aus­si. Puis, coup de grâce su­prême, à cette mise en exa­men pour dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics, com­pli­ci­té et re­cel de dé­tour­ne­ment de fonds pu­blics.

Mais l’an­cien Premier ministre compte bien se battre jus­qu’au bout pour ten­ter d’ar­ra­cher sa qua­li­fi­ca­tion pour le se­cond tour. « S’il perd, il se­ra cru­ci­fié sur place. Tout le monde va le lâ­cher, ça se­ra ter­rible pour lui », ad­met un membre de son équipe de cam­pagne. Car ses bour­reaux l’at­tendent de pied ferme, et la liste est longue : tous les jup­péistes, sans ex­cep­tion, comme une bonne par­tie des sar­ko­zystes. « Fillon a été élu avec un score ca­non à la pri­maire, il était de loin le grand fa­vo­ri de l’élec­tion pré­si­den­tielle et on était tous prêts à se battre pour lui mais il y a eu tromperie sur la mar­chan­dise, car un autre Fillon se ca­chait, en fait, der­rière ce­lui qu’on pen­sait connaître », cingle, très re­mon­té, un élu res­té fi­dèle à Alain Jup­pé. « Si on perd, ce se­ra uni­que­ment sa faute. Il ne mé­ri­te­ra qu’une seule chose : le gou­dron et les plumes », en­fonce un autre.

LA JUS­TICE L’AT­TEND

Ef­fec­ti­ve­ment, s’il est bat­tu, les jours sui­vants ne se­ront pas une par­tie de plai­sir. La droite, en lam­beaux, ten­te­ra de sur­vivre et de ré­sis­ter aux ten­ta­tions ma­cro­nistes pour les uns ou le­pé­nistes pour les autres. Quant au prin­ci­pal in­té­res­sé, la dé­faite son­ne­rait pour lui le glas de trente-six ans, sans dis­con­ti­nuer, de man­dats élec­tifs et mi­nis­té­riels. Avec cette par­ti­cu­la­ri­té qu’il se­rait le premier can­di­dat de la droite dé­fait dès le premier tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle. Sans par­ler de l’ho­ri­zon ju­di­ciaire qui les at­tend, son épouse et lui… « Fran­çois pren­dra for­cé­ment du champ mais il n’ira pas non plus à Sainte-Hé­lène ! jure l’un de ses amis. Il re­pren­dra très pro­ba­ble­ment ses ac­ti­vi­tés de conseil mises entre pa­ren­thèses pen­dant la cam­pagne. Et puis il voya­ge­ra, beau­coup, loin du brou­ha­ha ».

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