« L’en­jeu, c’est de dé­si­gner un chef de l’Etat »

Fran­çois Fillon, Les Ré­pu­bli­cains

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - DENOTREENVOYÉSPÉCIAL ÀTOU­LOUSE(HAUTE-GA­RONNE) OLI­VIER­BEAU­MONT @oli­vier­beau­mont

HA­SARD DES AGEN­DAS, c’est au mo­ment où Em­ma­nuel Ma­cron quit­tait la Ville rose que l’avion de Fran­çois Fillon at­ter­ris­sait hier après-mi­di à l’aé­ro­port de Tou­louse-Bla­gnac. Une vi­site au pas de course : d’abord au Centre na­tio­nal d’études spa­tiales (Cnes), puis le soir au Zé­nith où 5 000 sup­por­teurs l’at­ten­daient.

SUR LE TER­RAIN, AU CONTACT DES ÉLEC­TEURS

Une fois de plus dans cette cam­pagne, Fran­çois Fillon a fait le­ser­vi­ce­mi­ni­mum­pou­ral­lerà la ren­contre des siens. Pas de bain de foule, en­core moins de dé­am­bu­la­tion dans la ville. Mais une vi­site, tout de même, au Cnes. Une heure du­rant, il a vi­si­té ce ber­ceau de l’in­gé­nie­rie fran­çaise. Pas­sion­né de nou­velles tech­no­lo­gies, le can­di­dat de la droite n’a pas bou­dé son plai­sir, sur­tout lors­qu’il a fal­lu en­fi­ler un masque et des poi­gnées de si­mu­la­tion pour se rendre vir­tuel­le­ment sur Mars. « C’est im­pres­sion­nant, lâche-t-il, en plein exer­cice, au mo­ment d’at­tra­per un caillou sur la pla­nète rouge. J’au­rai au moins eu l’oc­ca­sion d’al­ler sur Mars… »

Le soir, au Zé­nith, il fend la foule au mo­ment d’en­trer en scène. Lui, d’or­di­naire sobre et si pu­dique, se laisse al­ler à quelques sel­fies, serre abon­dam­ment les mains et ac­cepte de bon coeur la bise que lui tend une­mi­li­tante.«Mes­cher­sa­mis, ô Tou­louse ! » s’en­flamme-t-il à la tri­bune, ci­tant la cé­lèbre chan­son de Claude Nou­ga­ro, ori­gi­naire de cette ville. Suc­cès ga­ran­ti dans la salle.

CE QU’IL A DIT DE L’AUTRE

Comme lors de ses pré­cé­dents mee­tings, c’est contre le can­di­dat d’En Marche ! que Fran­çois Fillon a dé­co­ché ses meilleures flèches, fus­ti­geant le dis­cours « at­trape-tout » de son ad­ver­saire. « C’est fa­cile de pro­mettre tout et son contraire comme M. Ma­cron ! » a-t-il at­ta­qué avant­de­re­ve­ni­ru­ne­fois­de­plus sur les pro­pos de l’an­cien ministre de l’Economie sur la culture fran­çaise. Dé­but fé­vrier, Ma­cron ex­pli­quait qu’elle était « di­verse et mul­tiple ». « Pour re­cons­truire la puis­sance fran­çaise, nous de­vons conso­li­der notre com­mu­nau­té na­tio­nale. Et la pre­mière prio­ri­té, c’est de re­trou­ver la fier­té de notre his­toire, de nos va­leurs, de notre culture », a ta­clé Fillon. « Je dé­non­ce­cet­tei­déo­lo­gie­du­dé­nide soi, ce dis­cours pé­ni­ten­tiel qui fait dou­ter les Fran­çais d’eux­mêmes », a-t-il en­fon­cé.

SON AR­GU­MENT CHOC

Pour faire la dif­fé­rence face à Ma c ro n, do n t i l n e ce ss e d’étriller la jeu­nesse, le manque d’ex­pé­rience, la « lé­gè­re­té » du pro­gramme et l’ab­sence de vi­sion sur la scène in­ter­na­tio­nale, Fran­çois Fillon a mis en avant son propre CV pour mieux se mettre dans le cos­tume du pré­sident de la Ré­pu­blique : « L’en­jeu, c’est de dé­si­gner un chef de l’Etat. Et j’uti­lise ce terme de chef de l’Etat à des­sein. Parce que la si­tua­tion in­té­rieure et in­ter­na­tio­nale ré­clame de la force et du sang-froid. »

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