Unat­ten­tat de­plu­sen­plu­sé­trange

La piste is­la­miste pour l’at­taque du bus de l’équipe de Dort­mund en Al­le­magne s’éloigne. Les en­quê­teurs sont per­plexes.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - CH­RIS­TOPHE BOURDOISEAU À BER­LIN (AL­LE­MAGNE)

contre le bus de l’équipe de foot­ball de Dort­mund mar­di soir, la piste is­la­miste pa­raît de moins en moins vrai­sem­blable. Les deux sus­pects is­sus de la mou­vance is­la­miste, un Ira­kien de 26 ans et un Al­le­mand de 28 ans d’ori­gine li­ba­naise, ont été blan­chis par les en­quê­teurs. Certes, l’Ira­kien a été pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire pour « ap­par­te­nance au groupe Etat is­la­mique » (à cause d’un sé­jour pas­sé en Irak), mais son ar­res­ta­tion n’a rien à voir avec cet at­ten­tat qui a fait deux bles­sés mar­di soir avant le match de Ligue des cham­pions contre Mo­na­co. « L’en­quête n’a pas per­mis de confondre les sus­pects », a conclu, hier, le par­quet an­ti­ter­ro­riste.

Le mo­tif de l’at­ten­tat reste donc tou­jours in­ex­pli­qué. Le par­quet, qui a qua­li­fié cette at­taque de « ter­ro­riste », conti­nue de cher­cher dans toutes les di­rec­tions. Une chose est sûre : l’at­ten­tat, des­ti­né à tuer, n’a pas été pré­pa­ré par des ama­teurs. « Les trois ex­plo­sifs

étaient très pro­fes­sion­nels. Leur puis­sance était énorme », a in­sis­té hier Ralf Jä­ger, le ministre de l’In­té­rieur de Rhé­na­nie-duNord-West­pha­lie, la ré­gion où a eu lieu l’at­ten­tat.

Mais les ser­vices du ren­sei­gne­ment (Ver­fas­sung­sschutz) n’ar­rivent tou­jours pas à at­tri- buer la lettre de re­ven­di­ca­tion re­trou­vée sur place en trois exem­plaires. Le texte en al­le­mand re­ven­dique un at­ten­tat « au nom d’Al­lah » mais pourr a i t avo i r é t é ré d i gé p o u r brouiller les pistes. Les for­mules et les exi­gences po­li­tiques des au­teurs — sans lo­go, si­gna­ture ou dra­peau de l’EI — sont in­ha­bi­tuelles pour des is­la­mistes, in­sistent les en­quê­teurs. « L’Etat is­la­mique ne fait pas de re­ven­di­ca­tions po­li­tiques », a ex­pli­qué Bur­khard Freyer, le pa­tron ré­gio­nal du ren­sei­gne­ment.

Les en­quê­teurs n’ex­cluent donc pas une ac­tion d’ex­tré­mistes de gauche ou de droite. La thèse d’un acte de hoo­li­ga­nisme re­fait éga­le­ment sur­face alors qu’elle avait été écar­tée dans un premier temps en rai­son de la bonne ré­pu­ta­tion des fans de l’AS Mo­na­co. Cette fois, les en­quê­teurs évoquent les mi­lieux ul­tra­vio­lents du foot­ball al­le­mand. Mais personne ne peut ac­tuel­le­ment don­ner un pos­sible mo­tif.

Alors que l’en­quête pié­tine, la si­tua­tion reste ten­due en Al­le­magne. Le ou les au­teurs de l’at­ten­tat ont an­non­cé dans leur lettre d’autres ac­tions contre des per­son­na­li­tés du spec­tacle et des sports. « Nous pre­nons ces me­naces très au sé­rieux », a in­sis­té Ralf Jä­ger. Les em­preintes sur les en­gins ex­plo­sifs sont en cours d’ana­lyse. « Nous exa­mi­nons les fi­chiers de toutes les per­sonnes soup­çon­nées de pas­ser à l’acte », a ajou­té Die­ter Schür­mann, di­rec­teur ré­gio­nal de la po­lice cri­mi­nelle.

Mal­gré l’at­taque de Dort­mund, les Al­le­mands res­tent se­reins face à la me­nace ter­ro­riste. Plus de 80 % d’entre eux se dé­cla­raient tou­jours « sûrs » dans leur pays, se­lon un son­dage pu­blié hier par la pre­mière chaîne de té­lé­vi­sion pu­blique, ARD.

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