Ka­ros lance le co­voi­tu­rage 100 % femmes

Cette op­tion ras­sure les usa­gères qui re­doutent d’être agres­sées, la fa­çon de conduire de cer­tains hommes ou qui pré­fèrent juste dis­cu­ter entre « la­dies ».

Le Parisien (Paris) - - LE JOURNAL DE PARIS - JILA VAROQUIER

initiative peut éton­ner dans la sphère col­la­bo­ra­tive. Mais c’est jus­te­ment pour per­mettre aux femmes d’y mettre un pied que Ka­ros saute le pas. L’ap­pli­ca­tion, qui pro­pose du co­voi­tu­rage en Ile-de-France, vient de créer l’op­tion « La­dies On­ly », un on­glet à co­cher pour celles qui pré­fèrent faire le voyage entre dames seule­ment.

« Cette op­tion était at­ten­due par cer­taines uti­li­sa­trices. Quelques femmes hé­si­taient à se lan­cer, par crainte au dé­but. Après quelques voyages, elles sont fi­na­le­ment ras­su­rées et optent pour des tra­jets mixtes. L’idée est de leur per­mettre de fran­chir le cap du premier voyage », ex­plique Oli­vier Bi­net, fon­da­teur de l’en­tre­prise.

Se­lon Ka­ros, ces femmes re­doutent des gestes dé­pla­cés voire d’être agres­sées. Mais pas seule­ment. « Il y a aus­si le com­por­te­ment des hommes sur la route, leur vi­tesse et plus sim­ple­ment, de n’avoir rien à dire à un inconnu, d’au­tant plus de l’autre sexe », ajoute l’en­tre­prise.

Fré­dé­rique, 40 ans, qui part chaque ma­tin de Cour­be­voie vers Nan­terre (Hauts-de-Seine), vient de s’ins­crire sur le site. « Ma pre­mière de­mande était un mon­sieur, qui ha­bi­tait Co­lombes et qui vou­lait ab­so­lu­ment que je fasse le cro­chet pour al­ler le ré­cu­pé­rer, ra­con­tet-elle. Il a été très in­sis­tant et je me suis de­man­dée s’il ne cher­chait pas autre chose. » Jus­qu’alors, elle l’as­sure, « je n’avais ja­mais son­gé à la ques­tion du genre. Je pense avoir suf­fi­sam­ment de ré­pon­dant et d’hu­mour pour me dé­fendre. Sauf que là, je ne l’ai pas sen­ti...» Elle a donc co­ché l’op­tion La­dies On­ly.

Bren­da, 18 ans, de Se­vran, en­vi­sa­ge­dé­jà­le­co­voi­tu­ra­geen­vue de sa pro­chaine an­née à l’uni­ver­si­té de Bo­bi­gny : « Je n’aime pas­les­trans­port­sen­com­mu­net le co­voi­tu­rage peut donc être une bonne op­tion. Mais comme on ne sait ja­mais sur qui on peut tom­ber et qu’il y a des fous par­tout... avec une femme, j’au­rai moins de pro­blèmes. »

« C’est vrai que la ques­tion du sexe peut par­fois être un frein dans le dé­ve­lop­pe­ment du co­voi­tu­rage chez les femmes », re­con­naît So­nia Adele, cher­cheuse à l’If­st­tar (L’Ins­ti­tut fran­çais des sciences et tech­no­lo­gies des trans­ports, de l’amé­na­ge­ment et des ré­seaux). Dans cer­tains en­tre­tiens qu’elle a me­nés, elle a consta­té « des ré­ti­cences chez des uti­li­sa­trices plu­tôt âgées, éloi­gnées de la sphère col­la­bo­ra­tive. Elles n’ont pas en­vie de se sen­tir mal à l’aise et pré­fèrent sans­dou­teé­vi­ter­de­se­re­trou­ver dans des si­tua­tions où une re­la­tion de sé­duc­tion pour­rait exis­ter. Elles pensent aus­si avoir plus de dis­cus­sion avec des femmes plu­tôt que des hommes ». Mais la cher­cheuse l’as­sure : « C’est gé­né­ra­le­ment quand elles n’ont pas en­core tes­té le co­voi­tu­rage. Le genre est loin d’être le frein ma­jeur en Ilede-France. Nos vies com­pli­quées le sont da­van­tage. »

Cette op­tion ré­ser­vée aux femmes existe dé­jà de­puis 2010 chez Bla­bla­car, la pla­te­forme aux 40 mil­lions de membres à tra­vers le monde. « A l’époque, les pro­fils étaient moins four­nis, il y avait peu d’avis, nous nous sommes dit que ce­la pou­vait ras­su­rer lors du premier voyage , ex p l i q u e l ’e n t re p r i s e . Au­jourd’hui, moins de 1 % des co­voi­tu­reurs s’en servent. Elle semble presque désuète. » Ces tra­vaux vont per­mettre la pose d’une nou­velle gé­né­ra­tion de rails de trac­tion bi-mé­tal — cette voie pa­ral­lèle que l’on aper­çoit au sol entre d’autres rails. Ce sont eux qui four­nissent l’élec­tri­ci­té au mé­tro quand ce dernier passe des­sus. Quelque 5 000 mètres vont donc être rem­pla­cés entre Bas­tille et place d’Ita­lie, pour pas­ser de ma­té­riel en acier à de l’alu­mi­nium. Les nou­velles voies se­ront ain­si plus fiables et moins éner­gi­vores grâce à une meilleure conduc­ti­vi­té. Ce­la per­met­tra d’amé­lio­rer la ré­gu­la­ri­té du ser­vice en heure de pointe et d’éco­no­mi­ser en­vi­ron 100 MWH par an et par ki­lo­mètre. A titre de com­pa­rai­son, la consom­ma­tion moyenne an­nuelle d’un foyer fran­çais est de 4 763 kWh.

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