La cam­pagne fait dé­bat en fa­mille

Elle vote Ma­rine Le Pen, son fils est éco­lo

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - À MONSWILLER (BAS-RHIN)

du mee­ting de Ma­rine Le Pen à Monswiller (Bas-Rhin), Eliane, mi­li­tante FN qui pa­tiente à l’en­trée de l’es­pace cultu­rel, passe un coup de fil à son fis­ton tren­te­naire. « Je viens de lui de­man­der de ne pas me dé­ran­ger ce soir. Pour élu­der, je lui ai dit que j’étais à une réunion. Il a alors in­sis­té : Mais quelle réunion ? J’ai ré­pli­qué : Un

mee­ting de Ma­rine Le Pen. Et ce­la ne lui a pas plu ! » ra­conte cette re­trai­tée al­sa­cienne.

Avec son « fils aî­né éco­lo qui de­vrait voter Be­noît Ha­mon », dit-elle, les re­la­tions sont ten­dues. « Nos di­ver­gences po­li­tiques ont mis une dis­tance entre nous, et ce­la m’at­triste. Plus d’une fois, on a été pas loin de la brouille. Il au­rait vou­lu que j’adopte ses idées. Pour lui, Ma­rine Le Pen, c’est le diable en per­sonne. Mais pour moi, elle est gran­diose en mee­ting, elle a du cha­risme », ajoute cette an­cienne em­ployée de bu­reau qui ar­bore, sous la forme d’un pin’s, une­ro­se­bleue,em­blè­me­de­la­cam­pagne de sa fa­vo­rite. Elle « ne cherche plus à convaincre » son grand gar­çon. « J’ai aban­don­né. Je lui dis juste : Moi, je res­pecte tes idées, alors res­pecte les miennes », lâ­chet-elle avant d’al­ler prendre place de­vant la tribune.

Aux pre­miers comme aux der­niers rangs, la plu­part des sym­pa­thi­sants du Front na­tio­nal ont une anec­dote sur un désac­cord avec leurs proches à dis­til­ler. Ja­cky a, par exemple, des échanges très ani­més avec sa « fran­gine » ins­ti­tu­trice, « à gauche comme tous les profs ». « Ah ! oui, on se prend la tête ! Elle dé­zingue Le Pen, c’est tel­le­ment fa­cile de la dé­ni­grer quand on ne la connaît pas », s’in­digne cet ar­ti­san. Thier­ry, qua­dra­gé­naire néo­fron­tiste et an­cien élec­teur de Ni­co­las Sar­ko zy, a maille à par­tir avec son beau­père so­ci aliste. « J’es­saie de le fair e ch an­ger d’avis lors des re­pas de fa­mil le mais, le FN, ça lui fait peur », constate l’é l e c t r i c i e n . Chaque camp peut mon­ter dans les tours. « Mais on ne va pas se ta­per des­sus, on se ré­con­ci­lie au­tour d’un verre de ge­wurz­tra­mi­ner », as­sure-t-il.

Pa­trick, 59 ans, rou­tier au chô­mage s’est, lui, vio­lem­ment échar­pé avec l’un de ses co­pains. « Il m’a en­voyé un mes­sage sur Fa­ce­book : Si tu votes na­zi, on ne pour­ra plus être amis. Je lui ai ré­pon­du : Ben, tant pis ! Il ne faut pas mé­lan­ger les tor­chons et les ser­viettes… »

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