Mé­len­chon,l’hom­mei­déal­pour… Ma­ri­neLePen

Ils ne se sont ja­mais mé­na­gés, se dé­testent cor­dia­le­ment, mais pour­tant la can­di­date FN rêve de l’af­fron­ter au se­cond tour.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - VALÉRIEHACOT

Jean-Luc Mé­len­chon, Ma­rine Le Pen ? C’est le (nou­veau) scé­na­rio rê­vé par les équipes de cam­pagne de la can­di­date FN, alors que sa dy­na­mique connaît un lé­ger tas­se­ment. L’hy­po­thèse d’une qua­li­fi­ca­tion de Jean-Luc Mé­len­chon fait en tout cas sa­li­ver les proches de Ma­rine Le Pen, « même si cette pers­pec­tive reste des plus hy­po­thé­tiques », nuance un élu.

Il n’em­pêche, au QG fron­tiste, on se pré­pare dé­jà à cette éven­tua­li­té en concoc­tant l’ar­gu­men­taire à dé­ployer pour l’entre-deux-tours en cas de per­cée du lea­deur de la France insoumise. Et qu’im­porte si les son­dages pro­mettent à ce der­nier une vic­toire écra­sante face à la pré­si­dente du FN au soir du 7 mai : « Les son­dages de se­cond tour ne sont ab­so­lu­ment pas fiables, puisque le 23 avril au soir, c’est une nou­velle cam­pagne qui s’en­gage, ba­laie Phi­lippe Oli­vier en charge de la cel­lule idée et image de la can­di­date, Mé­len­chon a fait une très bonne cam­pagne, il est très ta­len­tueux, il ap­pa­raît sym­pa­thique, mais dans l’entre-deux-tours, les gens se rap­pel­le­ront qu’il est sou­te­nu par les com­mu­nistes. »

Si le FN ap­pelle de ses voeux un duel Mé­len­chon-Le Pen, c’est d’abord parce qu’il si­gne­rait l’écrou­le­ment du sys­tème po­li­tique ins­ti­tu­tion­nel. Un sys­tème que Ma­rine Le Pen voue aux gé­mo­nies et dont elle pré­dit de­puis des an­nées la dis­pa­ri­tion. Mais aus­si, et sur­tout, parce que le po­si­tion­ne­ment de Mé­len­chon semble le plus fa­ci­le­ment at­ta­quable et dé­mon­table pour les fron­tistes : « Il se­ra un vé­ri­table re­pous­soir. Son pro­gramme fis­cal prône la spo­lia­tion, il dé­fend l’im­mi­gra­tion mas­sive… Bref, de quoi in­quié­ter les élec­teurs de droite en par­ti­cu­lier qui pour­rait alors se re­por­ter sur Ma­rine Le Pen », cal­cule dé­jà Phi­lippe Oli­vier. Ce qui ex­plique sans doute qu’à l’heure ac­tuelle, les sou­tiens de la can­di­date ont plu­tôt ten­dance à épar­gner Mé­len­chon.

Est-ce aus­si pour cette rai­son que Jean-Ma­rie Le Pen a chan­té ses louanges en dé­but de se­maine dans une in­ter­view au jour­nal d’ex­trême droite « Mi­nute » ? Le fon­da- teur du FN est, certes, tou­jours en froid avec sa fille, mais il semble re­gar­der sa cam­pagne avec bien­veillance… Le vieux chef fron­tiste af­firme avoir « été un pré­cur­seur » de la « li­gnée » dans la­quelle Jean-Luc Mé­len­chon « s’ins­crit ». « Je crois avoir été le pre­mier en France, il y a dé­jà vingt ou trente ans de ce­la, à par­ler de cette ma­nière, en ar­pen­tant la tribune et en par­lant sans notes », se fé­li­cite-t-il. Un sou­tien bien en­com­brant. Reste que ce n’est pas la pre­mière fois que le FN en­tonne la pe­tite mu­sique du ri­val idéal. Avant Mé­len­chon, Ma­rine Le Pen a suc­ces­si­ve­ment af­fir­mé que son concur­rent idéal de se­cond tour se­rait Fran­çois Fillon, puis Em­ma­nuel Ma­cron. Les juges d’ins­truc­tion fi­nan­ciers ont de­man­dé au Par­le­ment eu­ro­péen de le­ver l’im­mu­ni­té d’eu­ro­dé­pu­tée de Ma­rine Le Pen. La pré­si­dente du FN est vi­sée par une en­quête sur des soup­çons d’em­plois fic­tifs d’as­sis­tants au Par­le­ment eu­ro­péen. « C’est nor­mal, c’est la pro­cé­dure tout à fait clas­sique, je suis pas éton­née », a ré­agi la can­di­date du par­ti d’ex­trême droite. Dans une in­ter­view à Me­dia­part, Ro­bert Bour­gi, l’homme d’af­faires qui a of­fert deux cos­tumes à 13 000 € à Fran­çois Fillon, ex­plique avoir su­bi des pres­sions de la part de l’équipe du can­di­dat LR lors de la ré­vé­la­tion de l’af­faire. « J’ai été contraint pen­dant une se­maine de men­tir », as­sure-t-il, tout en ré­pé­tant qu’il avait fait ce ca­deau « pour sa vic­toire à la pri­maire de la droite » sans rien de­man­der en échange.

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