Ona­joué­les­cha­pe­rons2.0

Nous avons tes­té l’ap­pli­ca­tion Mon cha­pe­ron. Elle per­met d’être rac­com­pa­gné à pied le soir.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - RONANTÉSORIÈRE

quel’onaeu vent de Mon cha­pe­ron, on s’est dit : « Mais pour quoi faire ? » On dou­tait de l’in­té­rêt de cette ap­pli­ca­tion dont le prin­cipe est de vous pro­po­ser d’être rac­com­pa­gnéà­pie­da­prè­su­ne­soi­rée ani­mée. Nous avons donc dé­ci­dé de tes­ter ce nou­veau ser­vice à Pa­ris, en nous glis­sant dans la peau d’un cha­pe­ron.

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Pas­sé cette étape ra­pide, vous si­gna­lez que vous êtes dis­po­nible, en l’oc­cur­rence près de la gare Mont­par­nasse (Pa­ris XVe). Il est près de mi­nuit. Quelques mi­nutes plus tard, une de­mande s’af­fiche sur le té­lé­phone. El­sa, 19 ans, sou­haite ren­trer chez elle. On va­lide et on a main­te­nant le nu­mé­ro de la cha­pe­ron­née.

En un coup de fil, on fixe un point de ren­dez-vous. El­sa ne sou­hai­tait pas ren­trer chez elle seule bien qu’elle soit dans un quar­tier plu­tôt tran­quille. Il y a à peine quinze mi­nutes de marche jus­qu’à son ap­par­te­ment. « Je n’ai juste pas en­vie d’avoir peur. On a tous une connais- sance qui a été agres­sée. Moi j’ai des amies qui ont eu des pro­blèmes du cô­té de Port-Royal. La nuit, c’est tou­jours pos­sible », té­moigne l’étu­diante en com­mu­ni­ca­tion qui a dé­jà eu re­cours au­ser­vice.

« Avant, j’uti­li­sais Heetch

mais de­puis que c’est fi­ni, je marche da­van­tage parce que les autres ap­pli­ca­tions sont trop chères pour mon bud­get », en­chaîne El­sa, sou­riante. « La pre­mière fois, je suis ren­trée avec un jeune homme de 25 ans. On a eu vingt-cinq mi­nutes de marche, de Châ­te­let, dans le centre de Pa­ris, jus­qu’à chez moi. On a dis­cu­té de nos études, c’était sym­pa et j’étais ras­su­rée. Je n’ai pas vrai­ment eu d’ap­pré­hen­sion de tom­ber sur quel­qu’un de bi­zarre », confie-telle. Sur le tra­jet d’un quart d’heure, pas de mau­vaises ren­contres, pas même de gens un peu émé­chés croi­sés au dé­tour d’une rue. El­sa est contente de ren­trer et de son ser­vice gra­tuit. Le cha­pe­ron peut aus­si faire payer­la«course»,entre3et5€.

Dans sa ruelle sombre, on pose une der­nière ques­tion : « N’avez-vous pas peur que cette ap­pli­ca­tion ne se trans­forme en nou­velle ap­pli­ca­tion de ren­contre ? » El­sa rit fran­che­ment : « Si j’ai en­vie de sor­tir avec quel­qu’un, je vais sur une ap­pli de ren­contres ! Après c’est agréable de dis­cu­ter sur le che­min et de ren­con­trer des gens. »

Pe­tit bé­mol tout de même : « Je pense qu’il n’y a pas en­core as­sez de membres », es­time l’étu­diante. L’ap­pli­ca­tion compte pour l’ins­tant 3 100 uti­li­sa­teurs, dont 1 400 en ré­gion pa­ri­sienne. « L’idée doit faire son che­min », ad­met une at­ta­chée de presse. El­sa nous oc­troie 5 étoiles pour la marche. C’est à notre tour d’être ras­su­ré. Sur ces mots, on part at­tra­per le der­nier mé­tro.

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