Amo­to,ga­reau­coup­de­bam­bou

Se­lon une étude, les mo­tards se fa­tiguent deux fois plus que les au­to­mo­bi­listes. Peu en sont conscients.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - GRÉ­GO­RY PLESSE

et de gros poufs ins­tal­lés en plein air in­vitent à la dé­tente. Bien­ve­nue au re­lais mo­tards, juste avant le péage de SaintAr­noult (Yve­lines), sur l’A 10. Il s’agit de l’un des quatre sites amé­na­gés par Vin­ci Au­to­routes à l’oc­ca­sion des 24 Heures du Mans qui ont lieu ce week-end. Ob­jec­tif : in­ci­ter les conduc­teurs de deux-roues à faire une pause. Se­lon une étude pu­bliée avant-hier par l’Ins­ti­tut de re­cherche bio­mé­di­cale des ar­mées (Ir­ba) et le centre du som­meil et de la vi­gi­lance de l’Hô­tel-Dieu, la som­no­lence, pre­mière cause de mor­ta­li­té sur au­to­route, touche bien plus vite les mo­tards. Si un au­to­mo­bi­liste doit s’ar­rê­ter toutes les deux heures pour res­ter maître de ses moyens, un pi­lote de deux-roues, lui, su­bit la fa­tigue au bout de cin­quante mi­nutes.

Pro­fi­tant du so­leil qui perce en­fin, Lu­do­vic, un ha­bi­tant de Com­piègne (Oise), par­ti hier en vi­rée avec des amis, consi­dère que la fa­tigue se res­sent moins à mo­to qu’en voi­ture. « J’ai dé­jà eu un ac­ci­dent parce que je m’étais en­dor­mi au vo­lant mais ja­mais avec un deux-roues. En bé­cane, on a le vent en pleine face, ça per­met de res­ter concen­tré ! »

Une opi­nion très ré­pan­due, ex­plique Ca­ro­line Rome, so­phro­logue à l’Hô­tel-Dieu de Pa­ris. « Les seuls mo­tards sen­si­bi­li­sés à la ques­tion sont ceux qui connaissent quel­qu’un qui a eu un ac­ci­dent. Un jeune m’a par exemple ra­con­té un tra­jet au cours du­quel il s’éton­nait qu’un co­pain, d’or­di­naire très pru­dent, roule de plus en plus vite. En ar­ri­vant à sa hau­teur, il s’est ren­du compte qu’il dor­mait alors que sa mo­to fi­lait à plus de 160 km/h ! » Dé­jà sur­re­pré­sen­tés par­mi les vic­times de la route (22 % des tués pour à peine 2 % du tra­fic), les mo­tards en état de fa­tigue mul­ti­plient par 14 le ris­que­de­chute.«Aprè­su­ne­heu­rede conduite, il est conseillé de se re­po­ser quinze à vingt mi­nutes. En­le­ver le casque, le man­teau, faire quelques pas, boire un ca­fé, voire faire une mi­cro­sieste », conseille Clé­ment Bou­gard, le cher­cheur qui a me­né l’étude.

En at­ten­dant que les idées pré­con­çues s’es­tompent, les ex­perts de la sé­cu­ri­té rou­tière peuvent tou­jours comp­ter sur les li­mites des en­gins. « Fa­ti­gué ou pas, de toute fa­çon, on est obli­gés de s’ar­rê­ter au bout d’une heure et de­mie pour faire le plein », rap­pelle Cé­dric, un Stras­bour­geois croi­sé hier au re­lais de l’A 10.

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