Le site Vi­vas­treet vi­sé par une en­quête pour proxé­né­tisme

In­ter­net est de­ve­nu un vec­teur ma­jo­ri­taire de l’in­dus­trie et du com­merce du sexe.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS -

le deuxième site de pe­tites an­nonces der­rière Le­bon­coin et « l’un des­plus­gros­proxé­nè­te­sen­ter­mesde masse fi­nan­cière en France », tacle Gré­go­ry Thé­ry, se­cré­taire gé­né­ral du mou­ve­ment du Nid, qui mi­li­te­pourl’abo­li­tion­de­la­pros­ti­tu­tion.

L’as­so­cia­tion, qui es­time que 62 % de cette in­dus­trie tran­site dé­sor­mais par In­ter­net, avait dé­po­sé une plainte le 1er dé­cembre der­nier. Celle-ci a dé­bou­ché sur l’ou­ver­ture par le par­quet de Pa­ris d’une en­quête pré­li­mi­naire pour proxé­né­tisme ag­gra­vé, comme l’a ré­vé­lé hier le site 20mi­nutes.fr. Dans le vi­seur du Nid, les 7 000 à 10 000 an­nonces hé­ber­gées sous la ban­nière « ser­vices adultes » du site, dont les pho­tos sug­ges­tives et les in­ti­tu­lés ne laissent que peu de doutes sur la na­ture des pres­ta­tions pro­po­sées. Des an­nonces payantes, qui « sont au coeur du mo­dèle éco­no­mique de Vi­vas­treet », dé­nonce Gré­go­ry Thé­ry.

Elles rap­por­te­raient au site entre 11 et21M€cha­quean­née,soit40à50 % de­ses­re­ve­nus.«Onest­làau­coeurde la dé­fi­ni­tion du proxé­né­tisme, pour­suit-il, puisque le Code pé­nal le dé­fi­nit comme le fait de

et de

»… et par­fois même de mi­neures. En no­vembre, un couple a ain­si dé­po­sé plainte con- tre Vi­vas­treet après y avoir re­con­nu sa fille, fu­gueuse, âgée de 14 ans.

Au-de­là de cette plainte, tou­te­fois, c’est toute l’in­dus­trie de la pros­ti­tu­tion sur In­ter­net que le Nid sou­hai­te­rait voir rendre des comptes. « Lorsque des ré­seaux qui uti­lisent ces sites sont dé­man­te­lés, ceux-ci ne sont ja­mais pour­sui­vis. Pour­quoi ? », s’in­ter­roge le Nid, qui sou­haite ob­te­nir un « mou­ve­ment de bas­cule dans la po­li­tique pé­nale ». Plu­sieurs pla­tes­formes — hé­ber­geant des an­nonces in­ti­tu­lées « es­corts » — se portent éga­le­ment très bien. « Au­jourd’hui, Vi­vas­treet est un sym­bole, ex­plique Gré­go­ry Thé­ry. Et son im­pact est d’au­tant plus im­por­tant : en pro­po­sant des ser­vices sexuels au mi­lieu d’an­nonces pour un ca­na­pé ou une voi­ture d’oc­ca­sion, il ba­na­lise la pros­ti­tu­tion et lui offre un voile de res­pec­ta­bi­li­té qui est dan­ge­reux. » Con­tac­tée, l’avo­cate de Vi­vas­treet n’a pas don­né suite à nos ap­pels.

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