« C’est plus qu’un ar­tiste, c’est mon re­mède»

MU­SIQUE Le té­nor de charme Vincent Ni­clo s’est for­gé un pu­blic pas­sion­né et fi­dèle. Re­por­tage par­mi ses ad­mi­ra­trices à Lille.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - DE NOS EN­VOYÉS SPÉ­CIAUX ÉRIC BU­REAU (TEXTE) ET FRÉ­DÉ­RIC DUGIT (PHO­TO) À LILLE (NORD)

On connais­sait les Mous­saillons de Pol­na­reff, les Red Heads de Cé­line Dion, on dé­couvre la Ni­clo Fa­mi­ly. Au ca­si­no Bar­rière de Lille, où Vincent Ni­clo achève le 30 mars la pre­mière par­tie de sa tour­née, le fan-club truste les pre­miers rangs d’une salle rem­plie. Ses membres, à 90 % fé­mi­nins, ont tous le même tee-shirt avec son por­trait, des bal­lons et des pan­cartes qu’ils dé­gai­ne­ront pen­dant le concert.

Ap­pa­ru il y a seule­ment quatre ans, le té­nor de 42 ans n’a pas chô­mé. Il a sor­ti quatre disques dans quatre styles dif­fé­rents : opé­ra avec « Opé­ra Rouge », opé­rette avec un hom­mage à Luis Ma­ria­no, jaz­zy avec « Ce que je suis » et pop avec « 5.0 », com­po­sé par Pas­cal Obis­po, qui to­ta­lisent un mil­lion de ventes. Il a fait trois tour­nées, dont une avec Mi­chel Le­grand, chan­té dans les co­mé­dies mu­si­cales « la Belle et la Bête » et « les Pa­ra­pluies de Cher­bourg », par­ti­ci­pé à « Danse avec les stars »…

Ce­la se voit sur scène, où Vincent Ni­clo est plus à l’aise qu’avant, tour­noyant même pen­dant « Volare ». L’ex­pé­rience sur TF 1 a « dé­ver­rouillé », se­lon son terme, le chan­teur. Pen­dant « la Vie en rose », il ré­clame une vo­lon­taire. « Moi, moi », crie la salle. Et quand Lind­sey monte sur scène, on en­tend « la vei­narde » et des « ouah, la chance ! » Elle fait des ja­louses lors­qu’il danse un slow avec elle et se met à ge­noux pour lui of­frir un rose.

« Com­bien y a-t-il de ma­mans ce soir ? », de­mande le té­nor en cos­tard, par­fai­te­ment go- mi­né. Les trois quarts des 1 200 spec­ta­teurs lèvent la main. « Et des ma­mies ! » en­tend-on. Plu­sieurs fois, lors­qu’il pousse sa voix sur « Ma­lade », de Serge La­ma, « All By My­self » d’Eric Car­men ou « Ame­no », la chan­son ly­rique qui l’a ré­vé­lée, la Ni­clo Fa­mi­ly bran­dit une pan­carte « Mer­ci ! ». Un de ses ri­tuels amou­reux.

Après une heure et de­mie d’un show élé­gant, avec pia­no et trio de cordes, les rap­pels sont fas­ci­nants. Des di­zaines de fans foncent au pied de la scène pour lui por­ter roses et ca­deaux. Un pe­tit gar­çon est pro­je­té sur scène pour un câ­lin. Toute trem­blante, Ma­non grimpe à son tour et fond en larmes. « C’est trop, je vous aime très fort ! » lance Vincent Ni­clo, lui aus­si les yeux em­bués. Pen­dant dix mi­nutes, sur la der­nière chan­son, les mu­si­ciens jouent pen­dant que le chan­teur ré­colte les ca­deaux qu’on lui tend, des bon­bons, des cho­co­lats, des pro­duits de beau­té, qui re­couvrent le pia­no…

L’idole par­tie dans sa loge, on ren­contre ses fans. « Ses ad­mi­ra­trices », cor­rigent-elles. Ce qu’elles aiment chez lui, sa voix d’abord, puis sa sen­si­bi­li­té, son hu­mi­li­té, sa gé­né­ro­si­té. Elles viennent sou­vent de loin, du Var, de Va­lence, Poi­tiers, Vin­cennes. « Moi, je viens du Luxem­bourg, sou­rit Si­mone. Je fais les 70 dates de la tour­née en voi­ture. J’ai dé­jà fait 13 000 km. » « Il nous donne énor­mé­ment, alors on lui rend », ajoute la Lor­raine Carine, dont le ma­ri a ac­cep­té de mettre un pos­ter de Vincent Ni­clo au-des­sus… de leur lit.

Une heure après le concert, une pe­tite cen­taine de fans — dont une ving­taine d’hommes — l’at­tend de­vant son hô­tel pour une séance im­pro­vi­sée de dé­di­caces et de sel­fies. « Vincent c’est plus qu’un ar­tiste, c’est mon re­mède, avoue An­gé­lique, 42 ans. La vie n’est pas fa­cile en Bel­gique. » « C’est comme un père de coeur, il me pro­tège », confie Lind­sey, la jeune ma­man de 19 ans qui est mon­tée sur scène. « C’est la pre­mière fois que je suis se­couée comme ça par un homme, lâche De­nise. C’est LE chan­teur de charme par ex­cel­lence. » « Il me rap­pel- le Luis Ma­ria­no », ajoute Jo­sée… Bau­vais, 86 ans, de Cam­brai.

Vincent Ni­clo n’en re­vient pas. « Elles sont tou­jours là et pour­tant elles ne roulent pas sur l’or. On leur a pro­po­sé de les in­vi­ter, mais elles re­fusent car elles veulent ab­so­lu­ment être dans les tout pre­miers rangs. Quand j’ai par­ti­ci­pé à Danse

avec les stars, elles m’avaient en­voyé un sac de mé­di­ca­ments, avec une trousse de sur­vie, et des af­faires de sport. »

L’émis­sion de TF 1 a élar­gi et ra­jeu­ni son pu­blic. « Je vois ar­ri­ver des en­fants et quelques hommes à mes concerts, s’en­thou­siasme le chan­teur. Ils se sont aper­çus que j’étais pas si coin­cé que ça, que je ne dor­mais ni dans la naph­ta­line ni en smo­king. Au­jourd’hui, je n’ai pas une com­mu­nau­té de fans aus­si nom­breuse que d’autres ar­tistes mais elle est hy­per­ac­tive. » Et in­ci­sive. Un ba­daud a l’ou­tre­cui­dance de dire tout haut :« Il ne fait pas si jeune que ça » en croi­sant Vincent Ni­clo. Carine le ra­broue sè­che­ment : « Il est plus jeune et beau que vous. » Pas touche à la Ni­clo Fa­mi­ly.

« IL NOUS DONNE ÉNOR­MÉ­MENT, ALORS ON LUI REND » CARINE JE VIENS DU LUXEM­BOURG. JE FAIS LES 70 DATES DE LA TOUR­NÉE EN VOI­TURE. J’AI DÉ­JÀ FAIT

KM.” 13 000 SI­MONE « C’EST LA PRE­MIÈRE FOIS QUE JE SUIS SE­COUÉE COMME ÇA PAR UN HOMME » DE­NISE

Lille (Nord), le 30 mars. La Ni­clo Fa­mi­ly s’est don­né ren­dez-vous à la sor­tie du concert pour une séance de sel­fies avec l’ar­tiste.

« C’est comme un père de coeur, il me pro­tège », confie Lind­sey, 19 ans, in­vi­tée sur scène.

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