Ma nuit dans la bras­se­rie qui ne ferme ja­mais

Le Pied de Co­chon, c’est 250 cou­verts, et un ser­vice 24 heures sur 24. S’y croisent fê­tards, in­som­niaques, Pa­ri­siens et tou­ristes ve­nus s’of­frir un « pe­tit coup de Pa­name ». Et notre jour­na­liste « en im­mer­sion » !

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS -

res­tau­rant », ra­conte Guy Le­gran­di­dier, le se­cond maître d’hô­tel. Le jeu : cher­cher le co­chon ca­ché dans cha­cun de ces des­sins co­lo­rés. Ici, tout est im­po­sant, y com­pris les por­tions goû­teuses et co­pieuses dans les as­siettes. Que l’on y vienne pour une ome­lette, des agapes ou une soupe à l’oi­gnon.

Le bal­let des ser­veurs au gi­let rouge qui glissent à tra­vers les tables est in­ces­sant. On aime leur dis­cré­tion, leur sou­rire, mais aus­si leur bon­ho­mie. Ils sont sou­riants et à l’écoute. Sou­dain, au fond de la bras­se­rie, re­ten­tit la chan­son « Joyeux an­ni­ver­saire ». Mar­cel, le ma­li­cieux doyen des ser­veurs, en­file sur son nez un groin de co­chon en plas­tique. Il vient don­ner l’au­bade à la table du fond. « Nous fê­tons nos 20 ans de ma­riage ici, sou­rit le couple suisse ain­si ho­no­ré. C’est notre ri­tuel ! »

Pause di­ges­tive sur la ter­rasse. Jules, tren­te­naire es­seu­lé ve­nu en voi­sin, est sur le point de par­tir. En mal de dis­cus­sion, ce Sa­voyard qui n’avait « pas en­vie de se faire cuire des pâtes » a dé­jà dî­né. Mais qu’im­porte : il s’in­vite à notre table et com­mande des pro­fi­te­roles au cho­co­lat. « Ce que j’aime ici, c’est qu’on ne s’y sent ja­mais seul ».

Guy nous en­traîne dans les cou­lisses. Il y a le mur des cé­lé­bri­tés, jon­ché de plaques au nom des ha­bi­tués : Mit­ter­rand, De­neuve, Az­na­vour, Bo­cuse ou en­core Chi­rac, LE bon vi­vant. Les salles des deux pre­miers étages, plus pe­tites et co­sy, sont ou­vertes le sa­me­di soir et sou­vent pri­va­ti­sées, dès le ma­tin. Sur les murs des es­ca­liers, des pho­tos re­tracent toute l’his­toire du Pied de Co­chon.

Après un apé­ro et des en­trées pan­ta­grué­liques (men­tion spé­ciale pour la ter­rine de bou­din noir, les huîtres et les es­car­gots), je me lance dans le pas­sage obli­gé. Le fa­meux­pied­de­co­chon­grilléBéar­naise est vrai­ment un ré­gal.

Ici, les convives aus­si prennent leur temps. « Le cadre est in­tem­po­rel », ap­prouve Sa­rah, Sué­doise ex­pa­trié. Fré­dé­ric, la soixan­taine, achève son re­pas avec une in­fu­sion, « après avoir bou­clé des dos­siers très tard ». À notre table, in­fa­ti­gable, Jules le noc­tam­bule a en­core cra­qué pour… une cas­se­role de moules au co­chon ! Il nous quit­te­ra, en­fin re­pu, vingt mi­nutes plus tard.

Tan­dis que le flot de clients conti­nue à en­trer et sor­tir, les voix joyeuses d’une grande ta­blée mas­cu­line ré­sonnent de bons mots. « L’un d’eux est un jeune pa­pa qui pro­fite de ses der­nières heures d’in­sou­ciance », souffle un ser­veur. Ul­time pé­ché de gour­man­dise pour Sé­bas­tien et moi : les pro­fi­te­roles, im­pé­riales.

Dans trente mi­nutes, l’équipe de jour va prendre le re­lais des col­lègues sou­riants mais bien fa­ti­gués, et as­su­rer in­ces­sam­ment le ser­vice des pe­tits-dé­jeu­ners. Pour nous sa­luer, Mar­cel en­file à nou­veau son faux groin et nous chante l’hymne des lieux : « Quelle vie d’pa­ta­chon […], on fait de bons gueu­le­tons, on aime les flon­flons ». Le seul ab­sent : l’ac­cor­déon. Eux aus­si, ils ouvrent toute la nuit : 9, rue Vau­villiers. Tél. 01.42.36.32.96.

- A La Tour de Month­lé­ry, 5, rue des Prou­vaires. Tél. 01.42.36.21.82. 41, rue Mont­martre. Tél. 01.42.33.06.90.

14, rue SaintMer­ri. Tél. 01.42.72.75.97. 150, bou­le­vard Saint­Ger­main. Tél. 01.43.26.88.09.

39, ave­nue des Champs-Ely­sées. Tél. 01.53.93.97.00. 37, rue Mar­beuf. Tél. 01.43.59.05.14.

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