« J’abo­li­rai la mo­nar­chie du Me­def »

CETTE LOI POUSSE LES FEMMES EN DE­HORS DU TRA­VAIL. ELLE DOIT ÊTRE ABRO­GÉE”

Le Parisien (Paris) - - FACE AUX ELECTEURS -

OPÉ­LIE MENDES Je suis étu­diante, femme, d’une mi­no­ri­té eth­nique… Qu’est-ce que c’est une mi­no­ri­té en Ré­pu­blique ? Je suis une femme noire, afro-des­cen­dante, et c’est un frein à l’em­ploi… Que comp­tez-vous faire pour les jeunes di­plô­més ou sans di­plômes, pré­ca­ri­sés, à la re­cherche d’un em­ploi ? La pre­mière condi­tion, c’est de re­lan­cer l’em­ploi. Quand il y a du tra­vail, les car­nets de com­mandes sont rem­plis et l’em­ployeur em­bauche. Mais il faut aus­si pé­na­li­ser le tra­vail pré­caire. L’en­cou­ra­ger, c’est ré­duire les gens à l’état d’es­claves. J’in­ter­di­rai les postes pré­caires par­tout où c’est pos­sible. Dans la fonc­tion pu­blique d’Etat, je sou­haite ti­tu­la­ri­ser tous les contrats pré­caires, no­tam­ment dans la san­té. Dans le pri­vé, je li­mi­te­rai le tra­vail pré­caire à 5 % dans les grandes en­tre­prises et à 10 % dans les plus pe­tites. En­fin, je dé­plore que les jeunes soient obligés de tra­vailler en même temps qu’ils étu­dient. C’est pour­quoi je met­trai en place une al­lo­ca­tion d’au­to­no­mie pour les étu­diants de 800 € sous condi­tions de res­sources. Sauf pour les jeunes dans l’enseignement pro­fes­sion­nel, qui pour­ront tous en bé­né­fi­cier dès 16 ans : je ne sup­porte plus que la moi­tié de la jeu­nesse de France dans l’ap­pren­tis­sage ou l’enseignement tech­no­lo­gique soit payée au lance-pierres ou tra­vaille le di­manche au lieu d’étu­dier. ANIS­SA BEK­KAÏ Al­lez-vous sup­pri­mer la loi El Khom­ri ? Oui, car elle dé­truit l’ordre pu­blic so­cial. L’ac­cord d’en­tre­prise peut dé­ro­ger à la branche et à la loi à condi­tion qu’il soit plus fa­vo­rable. Mais tout ne doit pas être lais­sé à la né­go­cia­tion dans l’en­tre­prise : ce­la re­vien­drait à avoir un code du tra­vail par en­tre­prise. C’est ce que pro­posent Ma­cron et Fillon. Re­gar­dez ce qui s’est pas­sé chez les Con­ti : ils ont né­go­cié la baisse des sa­laires et l’aug­men­ta­tion du temps de tra­vail. Et quand ils avaient bien cra­ché du sang, on leur a dit : on ferme ! J’ajoute en­fin que la loi El Khom­ri contient des me­sures bru­tales comme le dé­lai de pré­ve­nance, qui ra­mène à trois jours le dé­lai des changements d’ho­raires. Cette loi pousse les femmes en de­hors du tra­vail. Elle doit être abro­gée. ÉRIC AN­GI­BOUST Les syndicats sont po­li­ti­sés, ne re­pré­sentent que 7 % des sa­la­riés. Nous, en­tre­pre­neurs, n’ar­ri­vons pas à dis­cu­ter avec des gens qui dé­fendent leurs in­té­rêts mais pas ceux de leurs man­dants. Que pro­po­sez­vous pour amé­lio­rer le dia­logue so­cial ? Les syn­di­ca­listes sont très du­re­ment trai­tés dans notre pays. Ce sont les seuls qui font l’ob­jet de condam­na­tions à de la pri­son ferme. Sur la re­pré­sen­ta­ti­vi­té, le Me­def peut tou­jours ra­con­ter qu’il re­pré­sente toutes les en­tre­prises de France, ça n’est pas vrai : seule­ment 12 % des en­tre­prises. Or il n’y a pas d’élec­tion pour va­li­der la re­pré­sen­ta­ti­vi­té du pa­tro­nat. Si je suis élu, il y au­ra à nou­veau des élec­tions syn­di­cales. Toutes les or­ga­ni­sa­tions pa­tro­nales pour­ront concou­rir et celles qui au­ront le ni­veau de re­pré­sen­ta­ti­vi­té pour­ront si­gner des conven­tions col­lec­tives. Le Me­def peut dire au re­voir à sa toute-puis­sance. J’abo­li­rai sa mo­nar­chie.

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