BAS­TIA - LYON Car­ton­rou­ge­pour les sup­por­teurs corses

Des ter­ro­ristes qui s’at­taquent au bus du Bo­rus­sia Dortmund, des sup­por­teurs turcs trop vio­lents à Lyon et des spec­ta­teurs bas­tiais qui agressent des joueurs ad­verses : le sport a vé­cu une se­maine dra­ma­tique.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE -

que le dan­ger de la vio­lence dans le foot pou­vait aus­si ve­nir de l’in­té­rieur. Au Parc OL, l’ani­mo­si­té de quelques mil­liers de sym­pa­thi­sants du club turc du Be­sik­tas Is­tan­bul a don­né lieu à des échauf­fou­rées à l’ex­té­rieur du stade, no­tam­ment avec des sup­por­teurs lyon­nais — dont cer­tains ra­di­caux et par­fois ca­gou­lés. Avant le coup d’en­voi de ce match de Ligue Eu­ro­pa, c’est une tri­bune en­tière de sou­tiens lyon­nais qui a été obli­gée de se ré­fu­gier sur la pe­louse pour échap­per aux pro­jec­tiles lan­cés par des fans stam­bou­liotes étran­ge­ment pla­cés au-des­sus d’eux.

Hier, ce sont les joueurs lyon­nais quion­té­té­la­ci­ble­de­coup­spor­tés­par quelques pseu­do-spec­ta­teurs corses avant la ren­contre. Un match qui a fi­na­le­ment dé­bu­té pour être in­ter­rom- pu à la pause quand de nou­velles vio­lences ont eu lieu sur le ter­rain entre joueurs de l’OL, spec­ta­teurs de nou­veau des­cen­dus en dé­coudre et même des membres du staff cen­sé as­su­rer la sé­cu­ri­té au stade de Fu­ria­ni… Si la res­pon­sa­bi­li­té du club corse semble dif­fi­cile à éva­cuer, c’est l’en­semble des ac­teurs du foot­ball qui doit s’in­ter­ro­ger sur ces graves dé­bor­de­ments. Hier, ils se sont ache­vés par un dé­part du bus au mi­lieu d’un épais brouillard de la­cry­mo­gène pour ou­vrir un pas­sage au mi­lieu de quelques di­zaines de sup­por­teurs bas­tiais. La vo­lon­té des or­ga­ni­sa­teurs, que ce soit l’Union eu­ro­péenne (UEFA) jeu­di ou la Ligue na­tio­nale (LFP) hier, de main­te­nir à tout prix les matchs mal­gré les risques en­cou­rus, in­ter­roge sur un sys­tème pris en te­naille entre des ca­len­driers spor­tifs dé­men­tiels et des im­pé­ra­tifs té­lé­vi­suels et fi­nan­ciers co­los­saux.

Les in­ci­dents sur­ve­nus jeu­di marquent aus­si les failles des pou­voirs pu­blics dans la ges­tion des sup­por­teurs vio­lents. Si l’Eu­ro 2016 s’était dé­rou­lé cor­rec­te­ment dans un contexte d’état d’ur­gence brû­lant, Mar­seille avait tout de même été le cadre de scènes d’émeutes ur­baines dues à des hordes de hoo­li­gans russes aux mé­thodes qua­si mi­li­taires. Des scènes qui semblent éra­di­quées en L 1 où la si­tua­tion s’est pa­ci­fiée no­tam­ment au­tour du PSG de­puis la mise en place du plan Le­proux en 2010 après la mort d’un sup­por­teur pa­ri­sien. Mais, par­tout en France, les échanges entre les au­to­ri­tés, les clubs et les groupes ul­tras res­semblent à des dia­logues de sourds. Les in­ter­dic­tions de dé­pla­ce­ment se mul­ti­plient de fa­çon par­fois dé­rai­son­nable et les in­ci­dents conti­nuent de fa­çon spo­ra­dique mais ré­gu­lière.

A la Beau­joire, hier après-mi­di, la ren­con­treen­treNan­te­setBor­deauxa été in­ter­rom­pue après le jet de fu­mi­gènes sur la pe­louse. La tri­bune Loire, qui était sous le coup de me­sures de sus­pen­sion, pour­rait être fer­mée pour la fin de la sai­son. Un foot­ball sans spec­ta­teur qui res­sem­ble­rait à une ba­taille per­due. Celle de la convi­via­li­té, de l’émo­tion col­lec­tive et du bon­heur par­ta­gé. Une vi­sion du foot­ball vi­si­ble­ment étran­gère à cer­tains.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.