Ma­cron :

son plan pour le sprint fi­nal

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAULINE THÉVENIAUD @Pau­li­ne_Th

lance un tout jeune ré­sident de la ci­té SaintMar­tin (Pa­ris IVe), tee-shirt et pan­ta­lon aux cou­leurs du club mar­seillais. Em­ma­nuel Ma­cron ré­plique du tac au tac : « Droit au but ! ». Mais pas à l’er­reur, à une se­maine du pre­mier tour. « On rentre dans une phase hy­per­sen­sible », ad­met Chris­tophe Itier, res­pon­sable d’En Marche ! dans le Nord.

« Il ne faut pas dé­cro­cher », convient un autre par­ti­san de Ma­cron. Car Jean-Luc Mé­len­chon et Fran­çois Fillon poussent. Avec Ma­rine Le Pen, c’est dé­sor­mais un match ser­ré à quatre qui se joue pour ac­cé­der en finale. L’en­tou­rage de Ma­cron re­la­ti­vise, ju­geant « as­sez in­évi­table », « nor­mal », que les courbes se res­serrent en fin de cam­pagne. Gare, tou­te­fois. « Il faut avoir Fillon à l’oeil », glisse le sé­na­teur Fran­çois Patriat. Un sou­tien met en garde : « 70 % du suc­cès de Ma­cron tient à l’ef­fon­dre­ment des autres. Donc, c’est fra­gile. » CONVAINCRE LES IN­DÉ­CIS Comment évi­ter l’ef­fri­te­ment et sur­tout sé­duire les in­dé­cis — qui sont lé­gion ? « Il faut convaincre, ré­pé­ter, ex­pli­quer », confie le can­di­dat d’En Marche !, re­le­vant qu’une par­tie de l’élec­to­rat com­mence à peine à s’in­té­res­ser à l’élec­tion. « Il faut al­ler cher­cher les femmes et les hommes qui au­jourd’hui ne se font pas une idée en­core claire de cette cam­pagne », mar­tèle-t-il.

Cet après-mi­di, son mee­ting de Ber­cy, for­ma­té pour ac­cueillir 17 500 per­sonnes dans la salle et plu­sieurs mil­liers à l’ex­té­rieur, « don­ne­ra le coup d’en­voi d’une se­maine où l’on va tout don­ner », dit un membre de son équipe. Ob­jec­tif : « Gal­va­ni­ser les troupes. » « Je vais avoir un dis­cours de pro­jec­tion, ex­pli­quer où je veux em­me­ner la France », avance Ma­cron.

Suivra un autre mee­ting à Nantes, mer­cre­di, avec Da­niel Cohn-Ben­dit et Jean-Yves Le Drian en in­vi­tés ve­dettes. Mais aus­si à Rouen et Ar­ras, ven­dre­di. Deux réunions pu­bliques le même jour, mais pas de troi­sième à Amiens, comme en­vi­sa­gé. Le can­di­dat a éga­le­ment re­non­cé à un mee­ting pré­vu de­main à Char­le­vil­leMé­zières, pré­fé­rant des dé­pla­ce­ments de ter­rain, en Ile-de- France, sur le thème de l’em­ploi.

Ma­cron a aus­si dé­ci­dé (au dé­bot­té) de pas­ser une par­tie de sa journée d’hier à la ci­té SaintMar­tin, un centre d’hé­ber­ge­ment et de ré­in­ser­tion so­ciale du Se­cours ca­tho­lique. « C’est aus­si très im­por­tant d’al­ler au contact de ceux qui ne sont pas adhé­rents. Il ne faut pas se cal­feu­trer dans une cam­pagne », ex­plique-t-il. « Il y a eu des dé­bats très vifs sur ce qu’il fal­lait faire. S’il ne parle qu’à sa caste, c’est mort, dé­crypte l’un de ses sou­tiens. Puis­qu’il a de l’em­pa­thie, il faut qu’il le montre. »

Et qu’il fasse de nou­velles an­nonces ? A prio­ri non, « pas d’in­ven­tion de der­nière mi­nute ». « Ce n’est pas à nous de prendre le risque. On en a pris

as­sez le 6 avril 2016 (NDLR : date de la créa­tion du mouve

ment) », jus­ti­fie le dé­pu­té Ar­naud Le­roy. Fran­çois Patriat abonde. Et ce fan de vé­lo de com­pa­rer la séquence à un Pa­ris-Rou­baix : « Il est de­vant. Il ne faut pas sprin­ter, pour ne pas s’es­souf­fler. Mais il ne faut pas ra­len­tir, pour gar­der son avance. » Dé­li­cat équi­libre.

Ci­té Saint-Mar­tin (Pa­ris), hier. Pour la der­nière se­maine avant le pre­mier tour, Em­ma­nuel Ma­cron s’est ren­du dans un centre de ré­in­ser­tion so­ciale du Se­cours ca­tho­lique.

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