Les pe­tits ar­ran­ge­ments du PS qui mé­nagent En Marche !

Le Parisien (Paris) - - PRESIDENTIELLE 2017 -

guette la Rue de Sol­fe­ri­no. Comment af­fi­cher « uni­té et loyau­té » au vain­queur de la pri­maire de la gauche, Be­noît Ha­mon, sans in­sul­ter l’ave­nir pour les lé­gis­la­tives de juin où l’on rêve d’un ac­cord avec En Marche ! ?

Si la di­rec­tion du PS a mul­ti­plié les me­naces d’ex­clu­sions contre les « trans­fuges » qui re­joignent Em­ma­nuel Ma­cron, en cou­lisses, elle joue une tout autre par­ti­tion.

Le dé­tail de l’ac­cord élec­to­ral pour les lé­gis­la­tives, ac­té la se­maine der­nière entre le PS et Eu­rope Eco­lo­gie-les Verts, que notre jour­nal s’est pro­cu­ré, le montre clai­re­ment. Les 42 cir­cons­crip­tions pro­mises aux éco­lo­gistes com­prennent une di­zaine de ter­ri­toires te­nus par des dé­pu­tés PS sor­tants, ral­liés à Ma­cron. « C’était cou­ru d’avance. Cam­ba­dé­lis en­voie les par­te­naires à la casse pour avan­ta­ger Ma­cron, s’étrangle la dé­pu­tée EELV sor­tante Da­nielle Au­roi. On com­prend pour­quoi le PS n’a pas condam­né ceux qui ont re­joint En Marche ! » Ha­bile, la ma­noeuvre per­met au PS de se dis­pen­ser d’in­ves­tir en juin des can­di­dats contre ses propres « trans­fuges » ayant ral­lié Ma­cron. Ju­gé « trop gé­né­reux » en cir­cons­crip­tions pour les éco­lo­gistes, le pacte conclu entre Yan­nick Ja­dot et Be­noît Ha­mon contient dé­sor­mais au­tant de gages au par­ti d’Em­ma­nuel Ma­cron. « Les éco­lo­gis- tes ne peuvent rien dire parce qu’ils ont leurs cir­cons­crip­tions, et en même temps, des si­gnaux sont envoyés à En Marche ! en ne met­tant au­cun can­di­dat dan­ge­reux face à eux », dé­crypte un ha­bi­tué des né­go­cia­tions Rue de Sol­fe­ri­no.

Le se­cré­taire gé­né­ral d’En Marche ! et dé­pu­té PS du Fi­nis­tère, Ri­chard Fer­rand, n’a ain­si pas à craindre une can­di­da­ture socialiste contre lui en juin. Même chose pour Chris­tophe Cas­ta­ner dans les Alpes-deHaute-Pro­vence, pour Jacques Cres­ta dans les Py­ré­néesO­rien­tales, ou Alain Cal­mette dans le Can­tal. Un geste qu’on fait mine d’igno­rer chez Ma­cron : « C’était fa­cile pour le PS de fi­ler nos cir­cons­crip­tions, ils ne se mettent à dos au­cun mi­li­tant, moque Chris­tophe Cas­ta­ner. Mais Em­ma­nuel Ma­cron est clair : pas d’ac­cord d’ap­pa­reil ! »

Le même pro­cé­dé a pour­tant été em­ployé avec les autres par­te­naires du PS : l’Union des dé­mo­crates et des éco­lo­gistes (UDE) et le Par­ti ra­di­cal de gauche (PRG). Tous se sont vu of­frir les cir­cons­crip­tions « oc­cu­pées », ou « sus­cep­tibles de l’être » par la garde rap­pro­chée d’Em­ma­nuel Ma­cron. Comme dans les quatre cir­cons­crip­tions de Lyon, ville du très ma­cro­niste Gé­rard Collomb, où le PS ne pré­sen­te­ra au­cun can­di­dat, là non plus.

« Il y a un ras-le-bol de nos amis, s’agace le se­cré­taire gé­né­ral de l’UDE Chris­tophe Ma­drolle, as­su­rant qu’au­cun ac­cord n’est gra­vé dans le marbre. Nous, on a été fi­dèle à Hol­lande et loyal au can­di­dat dé­si­gné par la pri­maire. On ne se­ra pas le din­don de la farce. »

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