Hé­ros­du­ma­ra­thon,ilse pré­pa­reàun­nou­ve­lex­ploit

Jo­na­than Dru­tel, seul double gref­fé coeur-pou­mons à avoir réus­si une telle per­for­mance, sa­voure en­core. Il se lance un nou­veau pa­ri, cette fois à vé­lo.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - ELSAMARI

« J’ai en­core un peu mal à la cuisse quand je des­cends les es­ca­liers. » Puis, il part dans un grand éclat de rire. Huit jours tout juste après son ex­ploit, Jo­na­than Dru­tel, 32 ans, ne re­tient que le meilleur. Mal­gré la ma­la­die, il a ral­lié la ligne d’ar­ri­vée du Ma­ra­thon de Pa­ris en 5 h 16 di­manche der­nier.

Trans­plan­té car­dio-pul­mo­naire en 2009, at­teint de la mu­co­vis­ci­dose qui touche le sys­tème pul­mo­naire et di­ges­tif, cet ha­bi­tant de Saint-Lau­rentd’Agny (Rhône) vou­lait être un es­poir pour tous les ma­lades qui n’en ont plus. Pour­tant, à l’heure du dé­part le 9 avril, Jo­na­than a eu peur de ne pas y ar­ri­ver. Peur d’avoir trop de dou­leurs ar­ti­cu­laires, sa « han­tise » d’avant­course. Le soleil co­gnait sur le bi­tume. « J’étais an­xieux, ra­conte-t-il au­jourd’hui. Il fai­sait tel­le­ment chaud à 9 h 30, je me déshy­drate très vite. » Fi­na­le­ment, l’éner­gie des 55 000 cou­reurs, gui­dés par une mu­sique to­ni­truante, le porte.

« Ça grouillait de monde, je n’en re­ve­nais pas. » Au fil des ki­lo­mètres, Mike, son co­pain bre­ton, court, le dra­peau « Vaincre la mu­co­vis­ci­dose » bran­di vers les mil­liers de spec­ta­teurs. Sur le par­cours, Jo­na­than croise un groupe d’Ar­gen­tins. « J’ai par­lé à une femme dont la fille avait la mu­co­vis­ci­dose. Quand je lui ai dit que je cou­rais le ma­ra­thon mal­gré la ma­la­die, elle s’est mise à pleu­rer de joie. Je me suis dit que je lui avais don­né de l’es­poir. » Au 30e km, un ani­ma­teur le hèle. « Il est là », l’en­cou­ra­get-il au mi­cro. Et ça lui fait du bien.

Mais la cha­leur est ac­ca­blan- te, Jo­na­than fa­tigue. Au 34ekm, il dé­cide d’al­ter­ner marche et course. Sur­tout ne pas se mettre en dan­ger. « J’ai bu 4 litres d’eau, j’ai aus­si ava­lé des barres pro­téi­nées tous les 4 km. » Et sur­tout des gé­lules de sel. Les ma­lades de la mu­co­vis­ci­dose en perdent beau­coup en trans­pi­rant. Mike, à ses cô­tés, tient son lec­teur gly­cé­mique, au cas où. « Je voyais des gens qui tom­baient comme des mouches, des am- bu­lances qui pas­saient toutes les dix mi­nutes, j’étais aus­si épui­sé. » Il en ter­mine en dé­but d’après-mi­di et réus­sit son pa­ri.

De­puis le ma­ra­thon, Jo­na­than « mange énor­mé­ment ». Sur­tout des pâtes, de la viande et des lé­gumes, pour re­prendre du poids. « J’ai per­du 4 kg pen­dant la course. » Après cette per­for­mance mon­diale, le tren­te­naire au men­tal d’acier ne compte pas se re­po­ser sur son ex­ploit. Il a re­com­men­cé le vé­lo ce wee­kend. Pas une « simple » ba­lade, un vrai en­traî­ne­ment.

En mai, il s’élan­ce­ra sur les

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