LUN­DI PRO­CHAIN ILSERA TROPTARD

L’abs­ten­tion et l’in­dé­ci­sion font de cette élec­tion pré­si­den­tielle l’une des plus in­cer­taines que nous n’ayons ja­mais connues. Il ne vous reste plus que six jours pour faire votre choix.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR AVA DJAMSHIDI ET VINCENT MONGAILLARD @AvaD­jam­shi­di

EL­LEN’A PAS DE CAN­DI­DAT, pas d’af­fiches de cam­pagne… Et pour­tant, elle pour­rait de­ve­nir le pre­mier par­ti de France di­manche soir. Cré­di­tée de 35 % des in­ten­tions de (non) vote, l’abs­ten­tion risque d’at­teindre des som­mets pour une pré­si­den­tielle, dé­pas­sant le re­cord de 2002. Elle avait alors culmi­né à 28,4 %. Une rup­ture : tra­di­tion­nel­le­ment, la course à l’Ely­sée est le scru­tin qui mo­bi­lise le plus (près de 80 % de par­ti­ci­pa­tion), loin de­vant les ba­tailles lo­cales.

Plus in­quié­tant en­core, un jeune de 18-25 ans sur deux se dit prêt à boy­cot­ter ce droit et de­voir ci­toyen, ac­quis en 1848 pour les hommes et en 1944 pour les femmes. Même un en­ga­gé dans la com­pé­ti­tion par­tage ce dés­in­té­rêt. « Si je n’étais pas can­di­dat, je crois que je m’abs­tien­drais », a ain­si confes­sé Phi­lippe Pou­tou (NPA).

Pour au­tant, rien n’est fait tant est folle cette cu­vée élec­to­rale 2017. Car cer­tains de ces po­ten­tiels abs­ten­tion­nistes, très im­pré­vi­sibles, sont à ce jour des in­dé­cis sus­cep­tibles de dé­po­ser une en­ve­loppe à l’ul­time mi­nute. Tous au­ront di­manche jus­qu’à 19 heures pour s’ex­pri­mer, au lieu de 18 heures en 2012, et, comme d’ha­bi­tude, jus­qu’à 20 heures dans les grandes mé­tro­poles.

ÉVI­TER D’AVOIR DES RE­GRETS

Dans les rangs de ceux qui se dé­pla­ce­ront à contre­coeur fi­gurent des par­ti­sans du vote blanc. Si, pour la pre­mière fois à une pré­si­den­tielle, ce­lui-ci se­ra dif­fé­ren­cié des bul­le­tins nuls, il ne se­ra tou­jours pas comp­té par­mi les suf­frages ex­pri­més.

Alors, pour­quoi les Fran­çais son­tils si nom­breux à vou­loir bou­der les urnes ? Les an­ti-iso­loir ne sont pas ex­clu­si­ve­ment des adeptes du « tous pour­ris », dé­goû­tés par les af­faires. On trouve aus­si des élec­teurs qui re­fusent de vo­ter utile et de lais­ser à la mai­son leurs convic­tions, les mêmes qui pensent que ces deux tours ne chan­ge­ront rien à leur vie. Au risque de s’en mordre les doigts. « Ne pas avoir de re­gret le len­de­main est quand même la meilleure rai­son de vo­ter », pré­vient François Hol­lande. Le pré­sident se dé­pla­ce­ra à Tulle (Cor­rèze). Et il en­joint à ses conci­toyens de l’imi­ter : « Si vous n’avez pas d’es­poir de nou­veau­té, au moins, n’ayez pas de re­gret ! Un vote a une consé­quence im­por­tante pour le pays. »

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