5 bonnes rai­sons d’al­ler vo­ter

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR PHI­LIPPE MARTINAT

IL N’Y A SANS DOUTE ja­mais eu pour les Fran­çais au­tant de bonnes rai­sons de se dé­pla­cer ce di­manche pour al­ler vo­ter. Voi­ci pour­quoi :

1 UNE PÉ­RIODE CLÉ AVEC DES CHOIX STRATÉGIQUES

Ce mil­lé­sime pré­si­den­tiel n’est as­su­ré­ment pas comme les autres. Ce ren­dez-vous élec­to­ral in­ter­vient dans un contexte in­ter­na­tio­nal qui, avec le Brexit ébran­lant l’Eu­rope, l’ar­ri­vée de Do­nald Trump à la Mai­son-Blanche et les guerres au Proche-Orient, n’a pas été aus­si in­stable de­puis des dé­cen­nies. Sur le plan in­té­rieur, il reste à in­ver­ser beau­coup plus for­te­ment en­core la courbe du chô­mage. La me­nace ter­ro­riste de­meure et n’est pas près de dis­pa­raître. Comment y faire face ? Le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique nous oblige, lui, à re­pen­ser ra­pi­de­ment notre mo­dèle éco­no­mique. Il va donc sans dire que les ré­ponses qui se­ront a pp or- tées à tous ces su­jets au­ront des consé­quences im­por­tantes pour notre fu­tur im­mé­diat, comme à moyen et long terme. Une seule cer­ti­tude : les er­reurs d’ai­guillage se paie­ront cher.

2 UNE ÉLEC­TION OB­SER­VÉE PAR LE MONDE EN­TIER

Dans un en­vi­ron­ne­ment in­ter­na­tio­nal per­tur­bé, et alors que le monde n’a ja­mais été aus­si in­ter­con­nec­té, l’élec­tion fran­çaise est scru­tée par toute la pla­nète. Aus­si bien par les mar­chés bour­siers et les chan­cel­le­ries qu’en Inde, par le tailleur de Bom­bay, ou en Afrique du Sud, par le chauf­feur de taxi du Cap. Bien que na­tu­rel­le­ment por­té à l’em­phase, Jean-Luc Mé­len­chon n’avait pas tort de dire cette se­maine face à nos lec­teurs : « Si je suis élu, ce se­ra un évé­ne­ment mon­dial. » Mais, sa mo­des­tie dût-elle en souf­frir, il n’est pas le seul dans ce cas ! L’ar­ri­vée à l’Ely­sée d’un can­di­dat (ou d’une can­di­date) au pro­gramme pro­tec­tion­niste et sou­ve­rai­niste ou au contraire plus ins­crit dans la mon­dia­li­sa­tion et dans la Com­mu­nau­té eu­ro­péenne, pro­vo­que­ra de toute fa­çon une onde mon­diale.

3 UNE FORTE PAR­TI­CI­PA­TION CONSOLIDERA LA DÉ­MO­CRA­TIE

La vi­ta­li­té d’une dé­mo­cra­tie se me­sure d’abord à la dé­ter­mi­na­tion de ses ci­toyens à s’ac­quit­ter de cet acte ci­vique de base qui est de vo­ter. Ce droit, ar­ra­ché de haute lutte par nos an­cêtres, reste la ligne sé­pa­rant in­dis­cu­ta­ble­ment les ré­gimes dé­mo­cra­tiques de ceux qui ne le sont pas. Un bon taux de par­ti­ci­pa­tion confé­re­ra, par ailleurs, une pré­cieuse lé­gi­ti­mi­té au fu­tur pré­sident.

4 POUR ÉVI­TER D’AVOIR DES REMORDS

Ceux qui res­te­ront chez eux di­manche soir (ou au se­cond tour) ne pour­ront s’en prendre qu’à eux-mêmes si les deux qua­li­fiés pour le 7 mai (ou si la po­li­tique mise en oeuvre du­rant le pro­chain quin­quen­nat) ne leur con- vient pas. En 2002, nombre d’abs­ten­tion­nistes qui étaient al­lés « à la pêche » lors du pre­mier tour s’en sont en­suite mor­du les doigts en dé­cou­vrant qu’ils avaient in­vo­lon­tai­re­ment ai­dé à la qua­li­fi­ca­tion au se­cond tour de Jean-Ma­rie Le Pen, le lea­deur d’ex­trême droite.

5 UN LARGE ÉVEN­TAIL DE CAN­DI­DATS

L’ar­gu­ment po­pu­liste se­lon le­quel « ce sont tous les mêmes, ils pro­posent tous les mêmes choses » ne vaut pas. De Pou­tou à Che­mi­nade, de Le Pen à Ma­cron en pas­sant par Las­salle, Fillon, Mé­len­chon ou Du­pontAi­gnan, les pro­fils des can­di­dats, leur per­son­na­li­té et leurs pro­po­si­tions de­vraient per­mettre à cha­cun de trou­ver si­non son bon­heur du moins celle ou ce­lui se rap­pro­chant le plus de ses as­pi­ra­tions. Y com­pris en ma­tière d’âge et de re­nou­vel­le­ment (ou pas). Il ne reste donc plus, comme le di­sait Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing, qu’à faire « le bon choix ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.