Ma­rine Le Pen cogne dur

Pour son avant-der­nier mee­ting, hier, la can­di­date FN a re­mis au goût du jour des slo­gans de son père.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - VALÉRIEHACOT

au pla­card la « France apai­sée », son pre­mier slo­gan… A six jours du pre­mier tour, Ma­rine Le Pen dur­cit le ton, comme ja­mais de­puis le dé­but de sa cam­pagne. Am­biance élec­trique hier au Zé­nith de Pa­ris (XIXe). Peu avant l’en­trée en scène de la can­di­date FN, des échauf­fou­rées ont op­po­sé les forces de l’ordre et 200 ma­ni­fes­tants an­ti­fas­cistes dans le parc de la Villette. Jets de pa­vés, de bou­teilles en verre… Aux alen­tours de 19 heures, le dé­pu­té Gil­bert Col­lard a été bous­cu­lé en ar­ri­vant

Dans la salle, des ran­gées de sièges vides mais tout de même plus de 5 000 par­ti­sans fron­tistes. Et là aus­si des incidents. Une femme monte sur scène. Elle n’a pas le temps d’ap­pro­cher la cheffe fron­tiste, éjec­tée par le ser­vice d’ordre du FN. Plus tard, une Fe­men, torse nu, sur­git au mi­lieu de la foule. Elle est sor­tie en­quel­ques­se­condes…

Quant au fond du dis­cours de la can­di­date, Jean-Ma­rie Le Pen — qui a an­non­cé hier qu’il vo­te­rait pour sa fille — ne l’au­rait sans doute pas re­nié. Ses équipes de cam­pagne avaient an­non­cé du « gros rouge qui tache » pour cet avant-der­nier mee­ting. La can­di­date a te­nu pa­role.

Pas un mot sur les su­jets qui fâchent ou qui clivent, le pro­jet de « sor­tie de l’eu­ro » — qui ne fait pas consen­sus au sein du FN — n’a même ja­mais été évo­qué. A la place, Ma­rine Le Pen s’est li­vrée à une charge en règle contre l’im­mi­gra­tion, dans un dis­cours fleuve aux forts ac­cents iden­ti­taires et sé­cu­ri­taires. His­toire de re- très per­son­nelle du pays : « En France on boit du vin si on en a en­vie. On en­tend son­ner la cloche au loin­tain. » De quoi ar­ra­cher les tra­di­tion­nels « On est chez nous » des sym­pa­thi­sants fron­tistes. Mais aus­si, et c’est plus sur­pre­nant, une salve de « la France aux Fran­çais », un des slo­gans­deJean-Ma­rieLePen­qui n’avait plus droit de ci­té de­puis long­temps dans les mee­tings de sa fille…

Les ad­ver­saires Fillon et Ma­cron ne sont pas ou­bliés au pas­sage. Et Ma­rine Le Pen ne s’en cache pas. Son ob­jec­tif reste ce­lui d’ar­ri­ver en tête di­manche.

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