Les au­to-écoles veulent frei­ner les can­di­dats libres

Des opé­ra­tions es­car­gots sont pré­vues ce ma­tin au­tour de Pa­ris et de grandes villes.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CORALIEGARANDEAU

d’un re­tour de va­cances ou d’un long week-end très char­gé, Pa­ris, Lyon, Mar­seille, Tou­louse et Nantes de­vraient connaître des en­com­bre­ments, dès 7 heures ce ma­tin.Aux­bou­chons­ma­ti­naux­ha­bi­tuels des ag­glo­mé­ra­tions vien­dront s’ajou­ter les opé­ra­tions es­car­gots des au­to-écoles, pré­vues à par­tir de dif­fé­rents péages en ré­gion. Dans la ca­pi­tale, les ma­ni­fes­tants sont ap­pe­lés à ral­lier les portes de Ba­gno­let, Cli­gnan­court, Ber­cy et Au­teuil de­puis toute l’Ile-de-France, pour conver­ger vers la place Joffre, dans le VIIe ar­ron­dis­se­ment, vers 10h30.

Les syn­di­cats des écoles de conduite pro­testent contre une me­sure de sim­pli­fi­ca­tion de l’ins­crip­tion au per­mis pour les can­di­dats libres. A l’heure ac­tuelle, tout can­di­dat libre à la for­ma­tion rou­tière s’ins­crit au gui­chet des pré­fec­tures. Il pour­rait dé­sor­mais le faire sur In­ter­net « sans contrôle ». Cette me­sure don­ne­rait l’avan­tage aux au­to-écoles 2.0, à l’ins­tar d’En voi­ture Si­mone ou Per­mi­go, qui de­mandent à leurs clients de s’ins­crire eux-mêmes.

« Ce sont en réa­li­té de faux can­di­dats libres et, der­rière eux, il y a des gens non di­plô­més, des for­ma­teurs qui ne sont rat­ta­chés à au­cun éta­blis­se­ment, mar­tèle le pré­sident du CNPA (Con­seil na­tio­nal des pro­fes­sions de l’au­to­mo­bile), Pa­trice Bes­sone. Nous ne vou­lons pas d’un en­sei­gne­ment ubé­ri­sé. Ça ne peut exis­ter sous peine d’avoir en­core plus de morts sur les routes. » Il dé­nonce les prix des for­ma­tions du Web, comme par exemple la start-up Or­ni­kar et son offre Code + 20 heures de conduite à 730 €. « L’en­sei­gne­ment de qua­li­té a un coût : ce­lui des sa­la­riés, des lo­caux, du ma­té­riel pé­da­go­gique. On ne peut pas le bra­der da­van­tage », es­time le syn­di­ca­liste. Se­lon le CNPA, 40 % des ins­crits à une for­ma­tion à la conduite le se­raient en can­di­dat libre.

Les pro­cé­dures d’ins­crip­tion au per­mis sont sou­vent vé­cues comme peu li­sibles par les usa­gers. Na­tha­lie dé­nonce « le manque de trans­pa­rence » de l’au­to-école de son fils, qui a ra­té son Code et a mis plus de neuf mois avant de le re­pas­ser. « On ne sa­vait rien, ni sur le nombre de places à l’exa­men ni sur les dates pour le pas­ser. D’ac­cord pour payer les écoles à for­mer, mais pas pour qu’elles dis­tri­buent des places à la tête du client ! »

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