«50°C,c’es­tin­hu­main»

Ce pa­tron a réus­si à conti­nuer à faire tour­ner sa boîte alors qu’il se trou­vait seul au mi­lieu du dé­sert d’Oman. Gau­thier Tou­le­monde en a ba­vé, mais il veut re­par­tir…

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - FRÉDÉRICMOUCHON

se je­ter sur son smart­phone, vé­ri­fier ses mails, consul­ter les sites d’in­fo, en­voyer un SMS à ses sa­la­riés pour leur rap­pe­ler la réunion du mar­di… Comme tout pa­tron qui se res­pecte, Gau­thier Tou­le­monde, PDG de Tim­bro­presse, en­tre­te­nait il y a en­core deux mois un rap­port qua­si ad­dic­tif au tra­vail. Mais c’était avant qu’il ne­dé­ci­de­de­se­cou­per­du­monde pour pas­ser qua­rante jours en mode sur­vie au coeur du dé­sert d’Oman, à 100 km de la pre­mière lo­ca­li­té.

Membre de la So­cié­té des ex­plo­ra­teurs fran­çais, ce no­made 2.0, qui vient de ren­trer à Lille (Nord), son port d’at­tache, vou­lait prou­ver qu’on peut gé­rer son en­tre­prise à dis­tance, dans des condi­tions ex­trêmes, en vi­vant loin, très loin, d’une borne wi-fi. Alors, après avoir joué les nau­fra­gés vo­lon­taires sur une île in­do­né­sienne en 2013, ce quin­qua­gé­naire a par­cou­ru 200 km à dos de dro­ma­daire pour plan­ter sa tente au mi­lieu de nulle part, avec pour seul ho­ri­zon des dunes rouges et blondes. Pour tra­vailler en to­tale au­tar­cie éner­gé­tique, re­lire ses ar­ticles et gé­rer la comp­ta­bi­li­té, l’aven­tu­rier avait em­bar­qué dans ses ba­gages deux or­di­na­teurs, quatre pan­neaux so­laires, un té­lé- phone et un cap­teur d’In­ter­net sa­tel­li­taire. S’il a réus­si à com­mu­ni­quer ré­gu­liè­re­ment avec ses proches et ses col­la­bo­ra­teurs grâce à Fa­ce­book, ce Ro­bin­son des sables a sur­tout dû s’adap­ter « à l’un des dé­serts les plus in­hos­pi­ta­liers du monde ». « L’un de mes or­di­na­teurs a fon­du en une se­maine, ra­conte Gau­thier Tou­le­monde. La tem­pé­ra­ture mon­tait jus­qu’à 50 ce qui est in­hu­main lors­qu’on n’a qu’une tente de 3,5 m2 pour se pro­té­ger du so­leil. » « J’ai tel­le­ment souf­fert de la cha­leur que j’ai failli aban­don­ner, mais l’homme a des ca­pa­ci­tés d’adap­ta­tion in­croyables », constate-t-il a pos­te­rio­ri.

Dans ses mo­ments de so­li­tude, il pou­vait comp­ter sur son ou­blier ses ha­bi­tudes : « ne se la­ver qu’une fois par se­maine », « ne man­ger que des dattes et du riz », « se conten­ter de 3 litres d’eau par jour » et sur­tout « ne plus se te­nir in­for­mé de rien sauf de l’ac­tua­li­té du dé­sert ». « Je suis de­ve­nu ac­cro aux in­fos que me dé­li­vrait le ciel, ex­plique-t-il. Un jour, j’ai failli su­bir un orage mons­trueux et une autre fois j’ai connu une tem­pête de sable trois jours du­rant. »

« Vu la tem­pé­ra­ture, je n’avais plus de sa­live, mais j’en ai ba­vé », confie ce pas­sion­né d’ex­pé­di­tions, ren­tré en France avec 7 kg de moins mais une cer­ti­tude en plus : il re­par­ti­ra. Après la moi­teur d’une île et le dé­sert tor­ride, l’ex­plo­ra­teur vise dé­sor­mais « le très grand froid ». La po­pu­la­tion de hé­ris­sons au­rait chu­té de 70% ces vingt der­nières an­nées. Pour­tant clas­sés comme es­pèce me­na­cée de­puis 1981, ils se­raient par­ti­cu­liè­re­ment sen­sibles aux pes­ti­cides, à la cir­cu­la­tion rou­tière et aux pa­ra­sites. Se­lon un re­por­tage de France 3, près d’un mil­lion de ces mam­mi­fères in­sec­ti­vores pé­ris­sent chaque an­née sur les routes.

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