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Entre les évé­ne­ments du Parc OL jeu­di der­nier, les graves incidents di­manche à Bas­tia et un dé­pla­ce­ment ten­du à Is­tan­bul jeu­di pro­chain, les Lyon­nais vivent une se­maine très, très com­pli­quée…

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - AN­THO­NY FAURE À LYON (RHÔNE)

ne qua­li­fi­ca­tion pour les de­mi-fi­nales de la Ligue Eu­ro­pa ce jeu­di à Is­tan­bul face au Be­sik­tas (2-1 à l’al­ler) met­trait-elle du baume au coeur de l’Olym­pique lyon­nais ? Pas sûr, tant les Rho­da­niens ont ac­cu­mu­lé cette sai­son les dé­boires spor­tifs et sur­tout col­lec­tion­né les dé­con­ve­nues. Incidents, po­lé­miques, dé­bor­de­ments, les Gones ont à peu près tout connu de­puis plu­sieurs mois.

Tout com­mence en juillet der­nier à Is­tan­bul. Tiens, dé­jà ! Lyon part dis­pu­ter un match ami­cal en Tur­quie et se re­trouve en pleine ten­ta­tive de coup d’Etat. Les joueurs sont confi­nés plu­sieurs heures dans leur hô­tel. Dans l’an­goisse. En dé­cembre, à Metz, un pé­tard ex­plose à proxi­mi­té d’An­tho­ny Lopes. Le match est ar­rê­té et le por­tier lyon­nais sé­rieu­se­ment bles­sé. Les dé­con­ve­nues s’ac­cé­lèrent la se­maine der­nière avec de gros incidents au Parc OL entre sup­por­teurs à l’oc­ca­sion du match al­ler de Ligue Eu­ro­pa. A peine le temps de se re­mettre, et di­manche der­nier les sup­por­teurs bas­tiais per­turbent le dé­rou­lé du match au point de pro­vo­quer son ar­rêt en pé­né­trant à deux re­prises sur la pe­louse en me­na­çant les Lyon­nais. Re­par­tis sous es­corte po­li­cière, les hommes de l’en­traî­neur Bru­no Ge­ne­sio doivent dé­sor­mais pré­pa­rer un dé­pla­ce­ment plus que chaud bouillant jeu­di à Is­tan­bul pour le quart de fi­nale re­tour de la Ligue Eu­ro­pa. Jeu­di, au Parc OL, les joueurs ont vrai­ment eu de grosses craintes. Car leurs fa­milles étaient dans les tri­bunes. Certes, pas au coeur des mou­ve­ments de foule. Mais c’était le chaos. Rien ne sem­blait maî­tri­sé. Ils ont alors mul­ti­plié tex­tos et ap­pels à leurs proches alors que le coup d’en­voi était pré­vu quelques mi­nutes plus tard. « Le foot est se­con­daire à ce mo­ment­là », re­con­naît le len­de­main Ch­ris­tophe Jal­let. Cer­tains joueurs en sont même res­sor­tis « trau­ma­ti­sés », se­lon un proche du ves­tiaire.

Ils mul­ti­plient ven­dre­di les dis­cus­sions entre eux pour se ras­su­rer. Mais trois jours plus tard, ils sont agres­sés pen­dant leur échauf­fe­ment par des sup­por­teurs corses. « Maxime m’a dit qu’il a eu peur, qu’ils ont tous eu peur », mur­mure Fré­dé­ric Guer­ra, l’agent du ca­pi­taine lyon­nais. En­fer­més dans leur ves­tiaire, les joueurs ne veulent pas dis­pu­ter le match. « On n’est pas à la guerre », lâche Bru­no Ge­ne­sio, ex­cé­dé, dans les cou­loirs. Et puis re­be­lote à la mi-temps, nou­velle échauf­fou­rée. Le match est ar­rê­té et les hommes d’Au­las ex­fil­trés de Fu­ria­ni.

A l’aé­ro­drome de Bron, à cô­té de Lyon, vers 23 h 15, ils sont ac­cueillis et ac­cla­més par une cen­taine de fi­dèles. L’un d’entre eux prend la pa­role, dé­crète l’union sa­crée. Les joueurs, en­core un peu grog­gys, ap- pré­cient. Puis ap­plau­dissent. Au­cun ne parle après le match. Au­cun ne par­le­ra of­fi­ciel­le­ment avant la confé­rence de presse d’avant-match, mer­cre­di à Be­sik­tas. Hier ma­tin, les Lyon­nais ont re­pris la route de Dé­cines, le che­min de l’en­traî­ne­ment, en­core un peu la tête ailleurs. « C’était presque comme d’ha­bi­tude, nous as­sure l’un des par­ti­ci­pants. On s’est beau­coup par­lé. C’est im­por­tant d’être unis dans ces mo­ments-là. Mais on n’ou­blie pas ce qui s’est pas­sé en trois jours d’un coup de ba­guette ma­gique. » Pour­tant, dès mer­cre­di ma­tin, Lyon re­joint Is­tan­bul, où l’en­fer lui est pro­mis. « Ce n’est pas la pré­pa­ra­tion idéale, c’est sûr. On ne sait pas à quel point ça peut les plom­ber », conclut Guer­ra.

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