«Im­pos­sible de ga­ran­tir la sé­cu­ri­té sur ce ter­rain»

Di­dier Quillot, di­rec­teur gé­né­ral de la Ligue de football, es­père des sanc­tions exem­plaires contre Bas­tia après l’agres­sion des joueurs lyon­nais à Fu­ria­ni di­manche. Une en­quête est ou­verte.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

APRÈS L’ORGIE de vio­lences vé­cues lors de Bas­tia - Lyon di­manche à Fu­ria­ni, re­tar­dé puis in­ter­rom­pu à la pause en rai­son des échauf­fou­rées entre sup­por­teurs, sta­diers et joueurs de l’OL, les pre­mières me­sures tombent. L’em­ployé de sé­cu­ri­té qui a frap­pé An­tho­ny Lopes est convo­qué ce ma­tin à un en­tre­tien préa­lable à un li­cen­cie­ment. L’agent va perdre sa carte pro­fes­sion­nelle, se­lon le gé­rant de son en­tre­prise.

Le gar­dien de l’OL ain­si que Ma­thieu Gor­ge­lin ont por­té plainte contre X pour vio­lence en réunion dans une en­ceinte spor­tive. Leur co­équi­pier Jean-Phi­lippe Ma­te­ta, lui aus­si vic­time de coups, n’a pas sou­hai­té ef­fec­tuer la même dé­marche. Une en­quête en fla­grance pour vio­lences a été ou­verte dès di­manche soir. Elle a été confiée à la Di­rec­tion dé­par­te­men­tale de la sé­cu­ri­té pu­blique. Les deux plai­gnants ain­si que Jor­dan Fer­ri et le mé­de­cin de Lyon ont d’ores et dé­jà été en­ten­dus.

GROS RETRAITS DE POINTS ET PLUS DE MATCH À DO­MI­CILE

« C’est in­ac­cep­table que des gens qui entrent sur la pe­louse ne soient pas en­suite in­ter­pel­lés et ame­nés hors du stade, nous a confié hier Di­dier Quillot, le di­rec­teur gé­né­ral exé­cu­tif de la Ligue de football pro­fes­sion­nel (LFP). Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique a ou­vert une en­quête. Il a les moyens d’iden­ti­fier, d’in­ter­pel­ler et d’in­ter­dire de stade a mi­ni­ma. »

Le vo­let po­lice-jus­tice ne de­vrait pas traî­ner. Tout comme les dé­ci­sions spor­tives. Le pa­tron de la LFP, tou­jours : « C’est la faillite de la sé­cu­ri­té du club de Bas­tia, ajoute Quillot. C’est la cin­quième fois (NDLR : cette

sai­son) que des incidents se pro­duisent à Fu­ria­ni. Trop, c’est trop ! La com­mis­sion de dis­ci­pline pren­dra ses res­pon­sa­bi­li­tés. J’es­père sim­ple­ment que ceux qui nous de­mandent d’être durs et exem­plaires ne se­ront pas les mêmes que ceux qui fe­ront ap­pel en­suite des dé­ci­sions de la com­mis­sion de dis­ci­pline. Je consi­dère que la com­mis­sion de dis­ci­pline doit prendre la me­sure de la gra­vi­té de la si­tua­tion et, à l’évi­dence, il est im­pos­sible de ga­ran­tir la sé­cu­ri­té sur ce ter­rain. »

Cette com­mis­sion, in­dé­pen­dante, va ou­vrir une ins­truc­tion jeu­di et prendre des sanc­tions à titre conser- va­toire. Vrai­sem­bla­ble­ment, Bas­tia ne joue­ra plus à do­mi­cile cette sai­son (Rennes et Lo­rient de­vaient en­core se dé­pla­cer à Fu­ria­ni) et un re­trait de points consé­quent est at­ten­du. Der­nier de L 1 avec 28 uni­tés, le club est ain­si qua­si condam­né à la Ligue 2.

C’est sans doute ce que cherchent les sup­por­teurs bas­tiais qui ont en­va­hi le ter­rain et pro­vo­qué ces ba­garres. Avaient-ils pré­mé­di­té leur coup ? L’er­reur de com­mu­ni­ca­tion de Jean-Mi­chel Au­las dans la se­maine au « Pro­grès » — jouer à Be­sik­tas « c’est moins dur que Bas­tia », avait dit le di­ri­geant rho­da­nien — a-t-elle pe­sé ? Reste que ces fans, proches de la mou­vance na­tio­na­liste se­lon des sources du dos­sier, contestent la ges­tion de Pierre-Ma­rie Ge­ro­ni­mi, le pré­sident du club corse, com­plè­te­ment per­du di­manche de­vant ce spec­tacle af­fli­geant. Coac­tion­naire du Spor­ting avec huit autres per­sonnes, ré­sis­te­ra-t-il à cette flam­bée de vio­lences ? Il va ten­ter de faire le mé­nage au sein de son club avant la réunion de la com­mis­sion de dis­ci­pline, mais ce se­ra trop tard. Elle est obli­gée de ta­per fort.

Stade Ar­mand-Ce­sa­ri (Fu­ria­ni), di­manche. Une en­quête en fla­grance pour vio­lences a été ou­verte après l’en­va­his­se­ment du ter­rain par les sup­por­teurs bas­tiais.

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