Ni­co­las Pey­rac, pas si loin de nous

Loin du tu­multe pa­ri­sien, le chan­teur ve­dette des an­nées 1970 et 1980 conti­nue son bon­homme de che­min. En tour­née, il chan­te­ra lun­di dans la ca­pi­tale.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - ÉRIC BU­REAU

Ni­co­las Pey­rac, 67 ans, se fait dis­cret. Pour­tant, il taille la route de­puis deux ans avec ses splen­dides « Acous­tiques im­pro­vi­sées » qui pas­se­ront par Pa­ris lun­di pro­chain. « Mon but n’est pas de faire le gui­gnol en cou­rant les pla­teaux té­lé, mais de par­ta­ger des émo­tions, nous a-t-il ex­pli­qué lors d’un ré­cent pas­sage à Pa­ris. Je rem­plis des pe­tites salles tout seul, je vends mon disque au­to­pro­duit à la sor­tie, je par­tage des sou­rires et des larmes, et ce­la suf­fit à mon bon­heur. »

Ni­co­las Pey­rac vit dans une pe­tite com­mune de Bre­tagne de­puis une di­zaine d’an­nées avec sa femme, qui s’in­ves­tit comme ad­jointe à la culture, et sa deuxième fille, Sa­rah, 14 ans, adop­tée à l’âge de 18 mois en Chine. « Je crois que je n’ai ja­mais été aus­si heu­reux, sou­rit- il. On m’a pro­po­sé trois fois de faire la tour­née avec pas mal d’ar­gent à la clé, mais je pré­fère faire dé­cou­vrir mes chan­sons moins connues que chan­ter les trois mêmes tous les soirs. Sans être mil­liar­daire, je n’ai pas be­soin d’ar­gent. » « Je n’ai au­cune ai­greur », ajoute-t-il. Après avoir été « une mé­téo­rite des an­nées 1970 », cet an­cien étu­diant en mé­de­cine « a eu une vie très rock’n’roll dans les an­nées 1980, très agi­tée ». « Je ne pro­fi­tais même plus du suc­cès, j’avais le poids du monde sur les épaules, j’ai pris des an­ti­dé­pres­seurs pen­dant quatre ans. Alors, j’ai dé­ci­dé de chan­ger d’air en 1993. Je suis par­ti vivre à Mon­tréal et n’en suis re­ve­nu qu’en 2008, avec une pe­tite fille qui a chan­gé notre vie. For­cé- ment, pour le suc­cès, les ab­sents ont tou­jours tort. Mais je l’ai choi­si. »

Au­jourd’hui, il se dé­fi­nit plus comme un gars qui écrit que comme un gars qui chante. « J’écris tous les jours », dit-il. Des chan­sons mais aus­si des livres. Hu­ma­niste « ob­sé­dé par la li­ber­té » et pas­sion­né par les voyages, il a pu­blié trois ro­mans et une au­to­bio­gra­phie, « So Far Away », en 2012, dans la­quelle il dé­voi­lait souf­frir d’une leu­cé­mie chro­nique lym­phoïde. « Quand mon frère, mé­de­cin, me l’a an­non­cé, j’ai eu évi­dem­ment un choc. Mais c’est la moins vio­lente des leu­cé­mies, sans trai­te­ment. Pas de pa­nique. »

La ma­la­die l’a en tout cas dé­ci­dé à faire en 2013 l’al­bum de duos qu’il re­fu­sait. « Et nous voi­là » lui a per­mis de dé­cou­vrir qu’il avait lui-même in­fluen­cé des ar­tistes aus­si di­vers que Mi­ckaël Fur­non, de Mi­ckey 3D, Bé­na­bar, So­fia Es­saï­di, Em­ma­nuel Moire, Car­men Ma­ria Ve­ga ou Anaïs. « Ce­la m’a convain­cu aus­si de me re­ve­nir à mes pre­mières amours, les chan­sons nues à la gui­tare, seul sur scène. Ain­si sont nées

qui dé­cuplent mon plai­sir. » Relancé, il pré­pare pour l’au­tomne un nou­vel al­bum avec son ami Yves Ja­get, qui a tra­vaillé pour Sting, Za­zie, Shel­ler. Et ci­né­phile aver­ti, pro­prié­taire de 6 000 films, il tour­ne­ra à la fin de l’été un court-mé­trage avec Ca­li. Ces deux-là étaient faits pour s’en­tendre.

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