« L’une des mo­ti­va­tions qui m’animent, c’est le re­mords »

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

MOHAMEDMAHI Vous pro­po­sez beau­coup de choses. Mais vous au­riez pu les faire lorsque vous étiez Pre­mier mi­nistre !

FRAN­ÇOIS FILLON. Vous n’avez pas to­ta­le­ment tort. L’une des mo­ti­va­tions qui m’animent, c’est le re­mords. Ce­lui d’une gé­né­ra­tion qui n’a pas eu le cou­rage d’al­ler au bout d’une logique de ré­forme et qui s’est conten­tée d’amé­lio­rer les choses à la marge. En 2007, avec Ni­co­las Sarkozy, on a res­pec­té notre pro­gramme, mais il n’était pas as­sez am­bi­tieux, il n’y avait pas la sup­pres­sion des 35 heures. Et puis, on s’est pris une ter­rible crise fi­nan­cière… Mais pour­quoi fe­riez-vous plus au­jourd’hui ? D’abord, à l’époque, le pa­tron c’était Ni­co­las Sarkozy. Au­jourd’hui, c’est à vous de choi­sir par­mi la masse de can­di­dats. Vous avez des choix ré­vo­lu­tion­naires, ceux de l’ ex­trême droite ou de l’ ex­trême gauche, de la conti­nui­té avec M. Ma­cron et de l’al­ter­nance… le mien. ÉLO­DIE DALLOCCHIO Fran­çois Bay­rou a ap­por­té son sou­tien à Em­ma­nuel Ma­cron, en de­man­dant une loi sur la mo­ra­li­sa­tion de la vie publique. Com­ment comp­tez-vous res­tau­rer ce lien de confiance avec les Fran­çais ? Il y a beau­coup d’hommes politiques qui font le concours Lé­pine de la meilleure pro­po­si­tion en ma­tière de trans­pa­rence. Moi, l’une des pre­mières choses que je fe­rai si je suis élu, c’est de de­man­der aux trois pre­miers ma­gis­trats fran­çais — le pre­mier pré­sident de la Cour des comptes, le vice-pré­sident du Con­seil d’Etat et le pro­cu­reur gé­né­ral près la Cour de cas­sa­tion — de faire des pro­po­si­tions en ma­tière de lutte pour la trans­pa­rence pour abou­tir à une grande loi. Soit le Par­le­ment la vo­te­ra, soit je la sou­met­trai à un ré­fé­ren­dum. VINCENTHIARD On a l’im­pres­sion dans cette cam­pagne que les Ré­pu­bli­cains et le PS cherchent à en­tre­te­nir le cli­vage droite-gauche. Mais il y a de bonnes idées à droite, comme à gauche. Et Ma­cron l’a d’ailleurs bien com­pris… Il y a des mar­queurs de droite et de gauche qui per­durent. Si demain il n’y avait plus d’al­ter­nances, la dé­mo­cra­tie fi­ni­rait par dis­pa­raître. Dans l’état où se trouve la so­cié­té fran­çaise, je pense qu’il n’y au­rait rien de pire qu’une forme de coalition droite-gauche qui gé­né­re­rait en face d’elle une seule op­po­si­tion : l’ex­trême droite. Mais quand vous étiez Pre­mier mi­nistre, il y a eu des gens de gauche dans votre gou­ver­ne­ment ! Hon­nê­te­ment, je n’étais pas contre… mais ça n’a pas été une réus­site. Quand on prend une per­son­na­li­té de gauche dans un gou­ver­ne­ment de droite, ou l’in­verse, elle est dé­mo­né­ti­sée au mo­ment où elle ac­cepte la mis­sion. C’est pour ce­la que je suis plus fa­vo­rable à l’ou­ver­ture à des per­son­na­li­tés de la so­cié­té ci­vile. VIVIANEAUBRY Si vous êtes qua­li­fié au se­cond tour, quel se­ra votre ad­ver­saire pré­fé­ré ? Ce­lui que les Fran­çais me don­ne­ront. Je ne choi­sis pas. La seule chose que je constate, c’est que, si c’est le FN, ce se­ra le signe que le pays ne va pas bien. Et la mon­tée de Mé­len­chon ? Vous y croyez ? C’est sur­tout le signe que la gauche est ex­plo­sée en mille mor­ceaux et qu’elle cherche à se rac­cro­cher derrière quel­qu’un qui a certes du ta­lent, de la culture, qui est un vrai tri­bun, mais ses supporteurs se­ront peut-être moins nom­breux à vo­ter pour lui une fois qu’ils au­ront vu ses pro­po­si­tions.

LES SUPPORTEURS DE MÉ­LEN­CHON SE­RONT PEUT-ÊTRE MOINS NOM­BREUX À VO­TER POUR LUI UNE FOIS QU’ILS AU­RONT

PRO­PO­SI­TIONS” VU SES

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.