« Je suis ma­gna­nime mais… »

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

DES JOUR­NA­LISTES ENQUÊTENT CHEZ MOI. J’AU­RAIS PAR EXEMPLE UNE FERRARI CACHÉE DANS UNE GRANGE, J’AU­RAIS FAIT PAYER LE RE­PAS D’EN­TER­RE­MENT DE MA MÈRE PAR DE GRANDES EN­TRE­PRISES [...]

FAUX.” TOUT CE­LA EST

SYLVAIN CAR­RIÈRE Peut-on vous faire confiance pour me­ner des ré­formes qui peuvent dif­fi­ci­le­ment être ac­cep­tées par les ci­toyens, compte te­nu de votre image écor­née par les af­faires ? Je com­prends que vous me po­siez cette ques­tion. Je consi­dère que de­puis deux mois et de­mi j’ai été ac­cu­sé à tort d’em­plois fic­tifs. Tout est faux ! Si cette ac­cu­sa­tion avait été juste, la justice, qui a été ex­trê­me­ment ra­pide à mon égard, au­rait dé­jà ren­du son ju­ge­ment. L’en­semble du sys­tème mé­dia­tique n’a fait preuve d’au­cune ré­serve à mon égard, en m’at­ta­quant ma­tin, mi­di et soir, et en re­layant n’im­porte quelle ru­meur. Comme celles que j’ai en­core en­ten­dues ces der­niers jours… Les­quelles ? En ce mo­ment, il y a des jour­na­listes qui enquêtent chez moi, dans la Sarthe. J’au­rais par exemple une Ferrari cachée dans une grange, j’au­rais fait payer le re­pas d’en­ter­re­ment de ma mère par de grandes en­tre­prises, je se­rais in­ter­ve­nu au­près d’un rec­teur d’aca­dé­mie pour faire augmenter la note de mon fils au bac­ca­lau­réat et ma femme au­rait tra­vaillé dans un ca­bi­net mi­nis­té­riel il y a qua­rante ans… Tout ce­la est faux. Et ce­la va trop loin. Mais pour­quoi n’avoir pas ré­agi tout de suite, quand l’af­faire est sor­tie, pour éteindre l’in­cen­die ? Parce qu’on n’est pas pré­pa­ré à ça. Sur­tout à par­tir du mo­ment où la justice s’em­pare du su­jet une heure après la pu­bli­ca­tion d’un ar­ticle… Mais tout est al­lé tel­le­ment loin, que ce­la va con- duire un cer­tain nombre de Fran­çais à vo­ter pour moi et à faire en sorte que je sois au se­cond tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle. J’en suis per­sua­dé. Al­lez-vous por­ter plainte contre ces gens ? Je fe­rai tous les re­cours né­ces­saires pour dé­non­cer ce qui s’est pas­sé. Mais je le fe­rai une fois que la cam­pagne se­ra pas­sée. Et si je suis élu pré­sident de la Ré­pu­blique, je de­man­de­rai une ré­forme sur la pro­tec­tion du se­cret de l’ins­truc­tion. Que des agents de l’Etat violent la loi en permanence de cette fa­çon, c’est in­sup­por­table. MICHELCHAILLOUX De­puis les ré­vé­la­tions du « Ca­nard en­chaî­né », des per­son­na­li­tés vous ont quit­té. Que pen­sez-vous de leur at­ti­tude pen­dant la tem­pête ? Je peux­les­com­prendre.Le­choc a été tel­le­ment violent. Moi-même, je me suis po­sé la ques­tion : est-ce que je de­vais conti­nuer vu le contexte ? Je suis res­té, car j’avais quand même aus­si beau­coup de sou­tiens au­tour de moi. Mais je suis ma­gna­nime, je n’en veux à per­sonne. Mon ob­jec­tif se­ra même de ra­me­ner tout le monde si je suis élu. Ce qui ne veut pas dire que je n’au­rai pas un pe­tit ju­ge­ment per­son­nel sur cer­tains com­por­te­ments…

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