Une épave condam­née à dis­pa­raître

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

donnent à l’épave du « Ti­ta­nic » au plus quelques dé­cen­nies de sur­sis. En cause, par­mi d’autres mi­croor­ga­nismes, la bac­té­rie

qui tient jus­te­ment son nom du nau­frage my­thique. Dès 1985, lorsque l’ex­plo­ra­teur Robert Bal­lard dé­couvre les ves­tiges du pa­que­bot, il note ces « rus­ticles », sortes de sta­lac­tites de rouille qui ta­pissent le ba­teau.

En 1991, un sub­mer­sible par­ti réaliser un film re­monte quelques échan­tillons de mé­taux dé­gra­dés, confiés à des scientifiques de l’uni­ver­si­té Dal­hou­sie de Ha­li­fax, au Ca­na­da. En 2010, les résultats pu­bliés dé­crivent ces agré­gats d’une tren­taine de mi­cro-or­ga­nismes dont

qui pour­rait « dé­vo­rer » le navire à un rythme in­quié­tant : se­lon cer­taines es­ti­ma­tions, les 50000t de mé­tal du pa­que­bot per­draient 600 kg par jour... sans doute à cause de ce mi­crobe « ex­trê­mo­phile » ca­pable de vivre à 3800m de pro­fon­deur, soit 380 fois la pres­sion at­mo­sphé­rique, dans un noir d’encre... En fait, se­lon la mi­cro­bio­lo­giste Anne God­froy, du la­bo­ra­toire des en­vi­ron­ne­ments ex­trêmes de l’Ifre­mer, le terme « dé­vo­rer » est exa­gé­ré. Il ar­rive par­fois que cer­taines bac­té­ries se nour­rissent de mé­tal en uti­li­sant ses com­po­sants chi­miques mais, dans le cas du « Ti­ta­nic », elles se contentent de for­mer une pel­li­cule fa­vo­ri­sant la cor­ro­sion. « C’est le lot de tous les na­vires qui ont cou­lé: entre l’eau de mer, l’oxy­gène et les mi­cro-or­ga­nismes, ce pro­ces­sus est in­évi­table. » Pour la dé­cou­vreuse de la bac­té­rie la Ca­na­dienne Hen­riet­ta Mann, ce­la peut tou­te­fois ex­pli­quer la dis­pa­ri­tion des épaves, voire per­mettre de l’évi­ter avec des ap­pli­ca­tions in­dus­trielles pour protéger les fon­da­tions des plates-formes pé­tro­lières.

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